DIRTY SHIRT – “Letchology” – French Tour March 2019 – Interview with Mihai Tivadar

 

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Mélanger le heavy metal avec la musique traditionnelle n’a pas l’air d’être une chose facile. Pourtant les rockers roumains de DIRTY SHIRT ont trouvé l’équation magique. Formé, il y a plus de 20 ans, le groupe de Seini, en Transylvanie ont sorti le 8 Mars un nouvel album, Letchology et c’est ultra puissant, sincère, joyeux, catchy et délirant. Actuellement en tournée européenne, ils passeront en France pour 5 concerts qui promettent d’être inoubliables.

Récemment, j’ai eu le plaisir de rencontrer à Paris, mon compatriote Mihai Tivadar, le leader de la formation, et j’ai eu l’occasion d’apprendre beaucoup de choses sur métal folklore crossover roumain. Je vous laisse découvrir.

Vous avez commencé le groupe Dirty Shirt en 1995 – parle-moi un peu de votre parcours

Mihai : Au milieu des années ’90 la scène métal roumaine était assez restreinte. Il y avait 5 festivals et quelques petites salles ou on jouait du métal, rien d’autre. A l’époque, on essayait de faire le mieux possible. On a participé à beaucoup de festivals et on a gagné des prix. On a plein de diplômes : meilleur groupe, meilleure chanson à des festivals comme MetalFan de Bucarest ou Top T à Buzau.

Et malgré la situation assez précaire, on a quand même réussi à faire un album en 2000 (Very Dirty). Ensuite, je suis venu en France. À l’époque la Roumanie n’était pas dans UE, il n’y avait pas des compagnies low cost, internet etc, donc on a dû arrêter le groupe complétement pendant quelques années.

En France, j’ai découvert le monde associatif,  j’ai organisé un festival et j’ai commencé à faire de la musique avec l’aide de l’ordinateur. Du coup on a repris le groupe.

On a eu environs 5 ans d’apprentissage, d’expérience, on a enregistré des demos, on a tenté plein de choses et en 2010 quand on a considéré qu’on a un projet qui tiens la route et on a commencé à faire les choses sérieusement. Avec le temps et album après album, on a commencé avoir plus de fans en Roumanie, mais aussi à l’international.

Vous avez gardé la même formule qu’au début ?

Mihai : En fait, les premières années comme dans beaucoup de groupes, il y a eu beaucoup de changements. On a essayé de trouver un noyau de base et quand on refait le groupe, il était le même. On s’est posé la question si on gardait le même nom du groupe, car on avait pratiquement commencé un nouveau projet, on avait changé de style et de conception mais comme il y avait les musiciens, on a quand même gardé le nom. On était 5, un 6 ème membre est arrivé il y a 10 ans et puis 2 jeunes qui sont arrivés plus tard. Donc maintenait on est 8.

Votre nom Dirty Shirt, ça veut dire vraiment « chemise sale »…

Mihai : Oui, c’est vrai. On était à Baia Mare à la gare. On portait tous les chemises aux carreaux, le style grunge, tu sais Nirvana style. Après une semaine de lycée, les chemises étaient plutôt salles et donc pour rigoler, on s’est dit, tiens on va appeler notre groupe « Dirty Shirt » et c’est resté comme cela. On pensait aussi qu’il y avait toute une génération qu’il s’habillait de cette façon, donc c’était plutôt représentatif.

Votre nouvel album sort en Mars 2018. Il s’appelle « Letchology » – cela veut dire quoi ?

Mihai: Ça vient de letcho, qui est un plat de l’Europe de l’est, de Transilvanie et qui ressemble à la ratatouille. Letcho – c’est la science, l’art de tout mélanger dans un plat traditionnel.

Comment vous l’avez construit ?

Mihai : L’album s’inscrit dans la continuité de ce que nous avons fait jusqu’à maintenant. En fait, c’est un peu le summum, car on a rajouté beaucoup de choses pour obtenir ce résultat.

Ça a  pris un peu plus de temps pour le réaliser. La plupart de maquettes datent depuis plus de 2 ans car entre temps on a fait le projet live avec l’Ansamblul Transilvania – Folkcore DeTour.

C’était un grand projet avec la préparation, la tournée, le DVD live donc on a perdu un peu de temps. En fait, on ne peut pas dire qu’on a perdu du temps car finalement, ce projet on le considère comme un vrai album avec la réorchestration, la production et surtout des chansons qui ne sont pas sur les albums studio.

On a donc repris le travail pour le nouvel album après cette tournée. Dans un premier temps, j’ai fait les maquettes, je les ai envoyés aux collègues, tout le monde a mis son empreinte. On a mis la base instrumentale métal et ensuite on est allé dans le studio pour enregistrer avec des musiciens traditionnels.

Comment tu as eu cette idée de mélanger le métal avec la musique traditionnelle – quelle partie tu écris en premier ?

Mihai : En fait, ça va dans tous le sens. Généralement, je compose sans avoir un instrument sur moi, mais dans ma tête. Ce qui se passe, comme je ne rien sur moi, il y a plein d’idées qui viennent et qui partent et pendant des années, j’étais super stressé car je croyais que je vais les perdre mes  mais avec le temps je me suis rendu compte que les bonnes idées reviennent. Elles ne se perdent jamais.

Une idée que j’ai eue il y a long temps revient, elle était là depuis toujours et puis je rajoute un truc complètement diffèrent et voilà tu construis quelque choses. Ensuite, Il y a toujours beaucoup de travail derrière.

Après si c’est le folklore ou le métal d’abord, c’est dans les 2 sens.  Ça change tellement.

Si c’est un morceau construit comme une reprise d’une chanson traditionnelle, on est forcément parti du folklore.

Sur le nouvel album, seulement le premier morceau, Latcho drom, est une reprise d’une chanson tzigane instrumentale. En fait, il s’agit d’un morceau qu’on trouve dans le BO du film Latcho Drom (de Tony Gatlif). C’est un film qui retrace la migration des gitans dans le monde avec des chansons de chaque pays. Et quand cela passe par la Roumaine, on entend ce morceau interprété par le Taraf de Haïdouks (en roumain Tarful Haiducilor, un ensemble musical célèbre en Roumanie). Quand je l’ai entendu, j’ai toute suite voulu la mettre dans l’album.

Pour te donner d’autres exemples, une chanson plus vielle – Bad Apples pour laquelle l’idée m’est venu quand j’étais dans un bar à Bucarest avec le bassiste. A 2h du matin à la télé passait une chanson populaire de Gica Petrescu (un chanteur de variété très connu en Roumanie). Là, j’ai toute de suite entendu le vers transcrit dans le métal et on est parti de là pour faire le morceau qui à la fin est devenu complètement différent.

Sur la chanson UB, j’ai d’abord eu le riff métal et ensuite, j’ai cherché une mélodie qui allait avec.

Vous chantez en roumain, anglais, hongrois …

Mihai : Oui, en français aussi (East West), en serbe…Tu sais, en Transylvanie c’est multiculturel, donc on a des membres du groupe d’origine hongroise, donc forcément sur chaque album, il y une chanson en hongrois. Et puis pour les chansons traditionnelles, il faut quand même chanter en roumain. Les partis métal, on le fait en anglais car en roumain ne sonne pas très bien. Donc tout vient naturellement comme ça.

Le fait qu’on chante en plusieurs langues, ça colle parfaitement avec notre style de musique. Ça fait encore plus authentique car on essaie d’être les plus authentiques possible. Tous ce qu’on entend sur l’album, ce sont 25 vrais musiciens qui jouent des vrais instruments. C’est ça qu’on aime et je pense que pour cela on continue à faire de la musique.

Comment vous avez réussi de rassembler autant de musiciens autour de vous ?

Mihai : En première temps, nous avons collaboré avec un violoniste, qui est ensuite devenu un membre permanent du groupe car c’était la touche obligatoire pour faire le live. Le violon capte l’esprit roumain. Et le reste s’est fait au fur et à mesure. Pour l’album de 2010 (Same Shirt, Diffrent Day) on a des chansons avec folklore mais il n’y a pas d’instrument.

Pour Freak Show en 2013, il ya 3 morceaux avec des passages folkloriques et on a rajouté le violon et l’accordéon et pour Dirtylicious en 2015 on a rajoute les cymbales, les percussions, les clarinettes, etc

Et après, on a eu la tournée avec Ansamblul Transilvania et eux, ils étaient déjà un vrai orchestre. On a réorchestré nos morceaux, mais le problème était qu’on ne pouvait pas tourner avec eux au rythme qu’on voulait car ils avaient un agenda complet mais aussi on ne pouvait pas les payer – il ya avait 20 musiciens sur scène. On a donc construit notre propre projet Transilvania Folklore Orchestra Project.

A la base, on a utilisé ce nom là sur notre album Dirtylicious et maintenait comme on avait beaucoup d’opportunités de jouer avec un orchestre on a décidé de refaire ce projet et on a contacté de musiciens qu’on connaissait. On a construit un pool de 20 musiciens et en fonction de leurs possibilités et de nos besoins, ils nous accompagnent en tournée.

En France on va jouer avec 16 personnes sur scène. Le problème est qu’en France est qu’on n’est pas assez connu pour jouer dans des grandes salles, et dans des salles moyennes, même à 16, on va être serrés sur scène. On va devoir élargir des scènes.

Est-ce que tu as une chanson sur album qui est plus importante pour toi ?

Mihai : Moi je préfère Killing Spree, parce que c’est très varié, c’est peut-être la chanson la plus fun, très catchy et c’est la dernière qu’on a composée. A la base, c’était un riff d’un autre morceau que j’ai découpé parce je n’aimais pas et puis on l’a développé surtout l’intermezzo.

Hora Lenta – est un morceau différent des autres…

Mihai : Oui, Hora Lenta est complétement différent- j’ai composé le chant d’abord et à partir de là, j’ai construit tout le morceau. C’est un morceau sur lequel on utilise vraiment tous les instruments mais qui a failli ne pas être sur l‘album. Pour t’expliquer, on a eu 15 maquettes avant l’enregistrement effectif de l’album. Je voulais un album très court, dynamique et très intense et du coup sur les 15 maquettes, on a gardé tous ce qui était cohérent.

Dans cette optique Hora Lenta était vraiment différent, le moins heavy. Mais finalement, on a pensé qu’au milieu de l’album ça sera bien d’avoir un moment plus calme et posé, donc on l’a gardé. Pour les paroles, j’ai collaboré avec Andrei Oltean d’un groupe folk roumain que j’aime beaucoup E-An-Na. Il la joue aussi à la flûte. Et puis, c’est une chanson qui parle de la danse de la vie dans un contexte politico social complexe.

Et « Starea Natiei » ?

Mihai : C’est aussi une chanson qui a souffert beaucoup de changements. Tout a commencé avec la mélodie, et on a construit autour. Après pour les couplets, on a essayé plusieurs versions et ce n’était pas bon. C’est Matthieu Di Pila, un chanteur français qui a trouvé le verse (« Groaznic dansul guvernului 1 pas inainte 2 pasi inapoi » Traduction : C’est terrible la danse du Gouvernement – 1 pas devant et 2 en arrière). Et comme, on n’avait pas de titre, on a choisi le titre d’une émission politico satirique très fameuse en Roumanie.

Quels sont tes influences musicales ?

Mihai :  A la base c’est le métal – des groupes comme Korn, Slipknot, Raimmstein ou System of A Down. Et on entend tous ces groupes dans notre musique. En plus, on a des grosses influences françaises. Comme j’habite en France, j’écoute beaucoup de Plyemo ou Mass Hysteria. On a eu aussi une période progressive et on la retrouve aussi dans notre musique. Et dans la façon de voir les choses et aussi dans la conception, il y a aussi Faith No More, un de mes premières groupes préférées.

Quel est ton premier souvenir musical ?

Mihai :  Mes parents m’ont ramené voir un concert à 4 ans et je suis sorti 5 minutes plus tard car le son était trop fort. Sinon mon premier concert métal qui m’a marqué – Metallica à Bucarest en 1999.

Comment est-ce que tu trouves que votre musique est accueillie en dehors de la Roumanie ?

Mihai : Vraiment très bien. Ça passe partout car il y a ce côté sincérité sur scène. Et il y a aussi le côté traditionnel qui fait joyeux et exotique. On est là pour s’amuser, on donne tout et le public ressent ça n’importe où on joue et du coup, il réagit.

Est-ce que tu trouves qu’il y a une différence entre les fans roumains et étrangers ?

Mihai : Franchement, je crois qu’il n’y a pas de différence. Partout on trouve de fans très impliqués et partout on a le même discours. On considère que c’est toujours le même type de personnes – des gens plutôt jeunes mais pas seulement et  surtout des gens ouverts d’esprits, intégrés, des gens qui ont compris le monde actuel, qui sont tout le contraire de l’extrémisme ou de la xénophobie.

Est-ce que vous avez un costume que vous portez toujours sur scène ?

Mihai : On travaille toujours notre image. Une amie qui est designer en Roumanie, nous a fait les costumes de scène pour Folkcore DeTour. On était habillé en noir avec les logos du groupe dans les couleurs blanc et rouge – qui sont en fait, les 3 couleurs traditionnelles de Maramures, la région d’où on vient. Et en contraste, l’orchestre était habillé en blanc. Mais c’était peut-être un peu sombre et les vêtements étaient un peu serrés car on les a commandés sans les essayer.

Maintenant, on aimera garder le noir blanc rouge mais on recherche encore une image de point de vue vestimentaire.

Et en général, la mode est importante pour toi ?

Mihai : Pour moi la mode, c’est surtout le confort : le sweater et le jean – j’ai celui-là depuis des années – je me sent bien et je le garde. C’est une de raisons pour lesquelles je me suis très bien adapté en France.

En Roumanie, les gens regardent beaucoup plus comme tu t’habilles. Surtout dans les petites villes ou villages. En France, tu es tranquille, tu vas enseigner habillé en jean à la fac et personne ne te regarde bizarrement.

Justement, dis-moi un peu plus sur toi. Tu travailles dans l’enseignement ?

Mihai : En fait, je suis chercheur dans économie spatiale – modélisation, statistique, et j’enseigne aussi à la fac. J’ai fait mes études en Roumanie, ensuite je suis venu en France avec Erasmus pour 6 mois et ensuite j’ai fait un master, un doctorat et un post-doctorat.

Et comment se marie ta carrière de chercheur avec le heavy metal ?

Mihai : Très bien – regarde Brain May – c’est le meilleur exemple de scientifique et de musicien en même temps.

Et j’imagine qu’actuellement on ne peut pas gagner beaucoup d’argent avec le métal

Mihai : C’est vrai, mais pour nous ce n’est pas le plus important. On est super contents de ce qui nous arrive. On n’a jamais rêvé arriver à un tel niveau. En Roumanie, on est très connus et ce qui nous attend maintenait au niveau européen est au-dessous de toute attente.

Après, pour y vivre de la musique, c’est plus compliqué mais on verra. Il ya eu des membres du groupe qui ont renoncé à leur boulot car c’était incompatible avec une vie de famille, travail et musique. Ils ont pris un petit boulot à mi-temps et ils ont complété avec la musique.

Ton rêve sera de jouer où ?

Mihai : En fait, je pense que ça s’est fait car pour moi c’était de jouer à Wacken. Mais après mon rêve depuis que je suis petit c’est de jouer à Rock Am Ring. C’est le Festival ou j’allais quand j’étais jeune.

On a déjà fait de grands scènes – en Roumanie : on a joué à Maximum Rock Festival, Rockstad Extreme Fest. Et avec cette tournée on va faire des petites salles où je rêvais de jouer comme : le Petit Bain à Paris ou le Ninkasi Kao à Lyon. Ces salles étaient intouchables pour nous il y a 3 ans.

Je dirais aussi que pour moi, personnellement le rêve sera un jour d’être suffisamment connu pour faire en parallèle la recherche et la musique, l’idéal sera de pouvoir faire 50/50. J’aime la musique mais je ne renoncerai jamais à la recherche car c’est très intéressant ce que je fais.

Le mot de la fin

Mihai : C’est vraiment surprenant le fait d’être interviewé à Paris par une Roumaine qui habite en France comme moi. Ça m’a fait très plaisir de te rencontrer.

Merci beaucoup Mihai. A moi aussi ça m’a fait très plaisir de te rencontrer

plus d’info : http://www.dirty-shirt.com/

English Version

 

Mixing heavy metal with traditional music didn’t seem to be an easy thing. However, the Romanian Rockers of DIRTY SHIRT found the magical equation. Formed more than 20 years ago, the band from Seini, Transylvania released Letchology on 8th of March and it’s ultra-powerful, sincere, cheerful, catchy and delirious.

Currently on tour in Europe – they will be in France for 5 concerts that promise to be unforgettable. Recently, I had the great pleasure to meet in Paris, my compatriot, Mihai Tivadar, the leader of the band and I had the opportunity to learn a lot about metal crossover Romanian folklore.

I let you discover.

You started  Dirty Shirt in 1995 – tell me a more about the background

Mihai: In the middle of the ‘ 90s the Romanian metal scene was quite limited. There were 5 festivals and a few small clubs where we were playing heavy metal. That’s all. At the time we were trying to do the best possible. We participated to many festivals and we won a lot of awards. We have plenty of diplomas : the Best Band, the Best Song at Romanian festivals like MetalFan Bucharest or Top T Buzău.

So, despite this rather precarious situation, we still managed to make an album in 2000 (Very Dirty). Then, I came to France. At the time, Romania was not in EU, there were no low-cost companies, internet etc, so we had to stop the band for some years.

In France, I discovered the associative organisations, the power to organize things, so I organized a festival and I started making music with the help of the computer. So we took over the band.

We had about 5 years of learning, we recorded demos, we tried lots of things and in 2010 when  we considered that we have a good project, we started doing things seriously. Then year after year, album after album, we started having more fans in Romania but also abroad.

You kept the same band formula as at the beginning? 

Mihai: In fact, the first years there has been many changes. I think it’s the same for many bands. We tried to find a core band and when we reform the band, the core was the same. We also wonder if we keep the same name of the band because we practically started a new project and changed the music style but as we were the same musicians, we decided to keep it. At the beginning, we were 5, a 6th member arrived 10 years ago and additional 2 members arrived later. So now we’re 8.

The name of the band Dirty Shirt, it means really “dirty shirt”…

Mihai: Yes, it’s true. We were in Baia Mare at the train station. We wore all the grungy shirts, you know Nirvana style. After a week of school, the shirts were pretty dirty and so for fun, we said well let’s call our band “Dirty Shirt” and it stayed like this. And I thought that there was an entire generation that wear these shirts so in a way, it was rather representative.

Your new album will be released in March 2019. It is called “Letchology” – what does it mean?

Mihai: It comes from Letcho – this is a dish of the Eastern Europe, from Transylvania and letcho – it’s the science, the art to mix up vegetables in a traditional dish.

OK, let’s talk so how you built it and mixed all these elements of folklore with the metal?

Mihai: The album the continuity of what we have done up to now. Actually, it’s a kind of height of our music, as we added many things to achieve this result. The album took a little more time to make it happen. The majority of demo tapes are older than 2 years because in the meantime we did the live project with the Ansamblul (Orchestra) Transilvania – Folkcore DeTour. It was a big project with the preparation, the tour, the live DVD, so we lost some time. In fact, we cannot say we lost time because finally we consider this project as a real album with the re-orchestration, production, and with new songs that are not on the studio albums.

So, we started the work for the new album after this tour. At first, I did the demos, I’ve sent them to colleagues, everyone has put his mark. We put the instrumental base metal then we went in the studio to record with traditional musicians.

How did you get this idea of mixing the metal with traditional music – what part you write first?

Mihai: Actually, that goes in all the way. Generally, I compose without having an instrument on me, but in my head. I have plenty of ideas that come and go and for years, I was stresses that I had a super idea and I’ll lose it, but over time I realized that good ideas always come back. They are never lost.

Sometimes an old idea comes back, I add something completely different and I made a song but there is still a lot of work behind.

And if it is the folklore or the metal first, it’s in the 2 ways. If it’s a cover of a traditional song, we necessarily start with the folklore.

On the new album, only the first song Latcho drom is a cover of a traditional instrumental Tzigane song. In fact, it is a song that we find on the soundtrack of the film Latcho Drom (directed by Tony Gatlif). It is a movie which traces the migration of Gypsies in the world with songs from each country. When they travel to Romania, you can hear this track  played by Tarful Haiducilor (a famous folklore orchestra in Romania). When I heard it, I immediately wanted to put it in the album.

To give you other examples, for an older song, Bad Apples – the idea came to me when I was in a bar in Bucharest with our bassist and at 2: 00 in the morning on TV, Gica Peterescu (a well-known variety singer in Romania) was singing a very well-known song. There I heard in my head the verse transcribed in metal and I immediately thought to do a song. It became completely different but the idea come from there.

On the song UB, I first had the metal riff and then I tried to find a traditional melody that went with it.

You sing in Romanian, English, Hungarian… How do you do?

Mihai: Yes, in French too for the song East West, and  in Serbian… Actually, as you know Transylvania is multicultural, so we have some members of the band of Hungarian origin, so obviously on each album, there is one or more songs in Hungarian. And then for the traditional songs, we sing in Romanian. Metal parts are done in English because in Romanian it does not sounds not very good. So, everything comes naturally like that.

Also, the fact that we sing in several languages that fits perfectly with our music style. It made it even more authentic because all you hear is 25 real musicians playing real instruments. That’s what we love, and I think for that we continue to make music.

How did you manage to gather as many musicians?

Mihai: At first, we worked with a violinist, who became a permanent member of the band because it was the mandatory for the concerts. The violin captures the Romanian spirit. And then everything comes step by step for the album in 2010 (Same Shirt, different Day) we put some folklore but there is no instrument.

For Freak Show in 2013, there are 3 songs with folk passages and we add violin and accordion and on Dirtylicious in 2015 we add cymbals, percussions, clarinets, etc. Then we got the tour with Ansamblul Transilvania and we had to re orchestrate our songs.

The problem was that we couldn’t go on tour with them  as we wished because they had a full agenda and also, we could not pay them – there were 20 musicians on stage. So, we built our own project Transylvania Folklore Orchestra Project,  a sort of pool of 20 musicians and according to their possibilities and our needs, they come with us on tour. In France we’ll play with 16 people on stage. The problem is that in France we are not so well known to play in big venues, and for medium venues even at 16, we’re going to be tight on stage. We have to expand the stages.

Do you have a song on the album which is most important for you?

Mihai: I prefer Killing Spree, because it is very varied, fun, catchy and it’s the last one we wrote. Basically, it was the riff of another song that I cut out because I did not like and on this, we develop the intermezzo.

The song Hora Lenta – is a different of all the others.

Mihai: Yes, Hora Lenta is completely different – I wrote first the singing choral and I built from there the entire song. It’s song where we used all instruments, but almost failed to be on the album. You know, we got 15 demos before recording of the album. I wanted a very short and very intense and dynamic album and so on these 15 demos so we kept all that was coherent.

Hora Lenta was the less heavy. But finally, we thought that it’s a good idea to have a slower song in the middle of the album, so we kept it. For the lyrics, I collaborated with Andrei Oltean from a Romanian folk band that I love very much E-An-Na . He also plays it on flute. And then, it’s a song that talks about the dance of life in a complex social political context.

And “Starea Natiei? 

Mihai: It’s also a song that has suffered many changes. It all started with the melody, and then it was built around. For the verses, we tried several versions and it was not good. It’s Matthew Di Pila, a French singer, who found the verse (“groaznic dansul guvernului 1 pas inainte 2 pasi inapoi” –  It’s terrible the Government dance – 1 step forward and 2 backward). And as we didn’t have the name of the song, we chose the title of a famous satirical political TV show in Romania.

What are your musical influences?

Mihai: As a base, it’s metal – Korn, Slipknot, Raimmstein or System of a Down. And we hear all these bands in our music. In addition, there are big French influences, as I live in France. I listen to a lot of bands such as Plyemo or Mass Hysteria. We also had a progressive period, so you can find it in our sound. And in the way of seeing things, and also in conception there is also Faith No More, one of my first favourite bands ever.

What is your first musical memory?

Mihai: My parents who brought me to see a concert when I was 4 years old  and I left  5 minutes later because it was too loud.

And my first metal concert that stayed in my mind was Metallica in Bucharest in 1999.

How did you find that your music is welcome outside Romania?

Mihai: Really good. It goes everywhere because it has this honest side on stage. And there is also the traditional side that makes it joyful and exotic. We’re here for fun, we give everything and the audience feels that way no matter where we play and they react.

Do you think that there is a difference between Romanian and foreign fans?

Mihai: Honestly, I think that there is no difference. Everywhere you can find very involved fans and wherever we go we have the same speech. I would say that there is the same type of people – young people but not only, open-minded, integrated, people who understand the prestent world.

Do you have a costume for stage?

Mihai: We’re still working our image. A Romanian friend designed the costumes for Folkcore DeTour. We all weared black outfits with red and white band logos which are in fact, the 3 traditional colours of Maramures, the region where we are coming from. And in contrast, the musicians from the Orchestra were dressed in white with red and black embroideries. Now, we’ll love to keep the 3 colours but we still search for an image.

And in general, fashion is important to you?

Mihai: For me fashion, it is above all the comfort: the sweater and jeans I am wearing – I have them for years but I feel good and I keep them. It’s one of the reasons why I adapted myself in France very well.  In Romania, people pay much more attention to the way you dress. Especially in the small towns or villages. In France it’s cool, you go to teach at University in jeans and nobody cares.

Precisely, tell me a little more about you. You work in research?

Mihai: I’m a researcher in spatial economics – statistics, modelling, etc and I also teach at University. I did my studies in Romania, then I came to France with Erasmus for 6 months and then I made a master, Ph.d.

And how do you handle your career as a researcher and a rocker?

Mihai: Fine – look to Brain May – is the best example of scientist and musician at the same time.

And I imagine that you cannot earn too much money from doing music

Mihai: It’s true, but for us it is not the most important. We’re really happy with what happens to us. We’ve never thought that we will reach such a level. In Romania, we are very well known and what wait for us with the European tour is below all expectations.

After that, to live from music, it’s more complicated, but we’ll see. Some members of the band gave up their job because it was incompatible with family life, work and music. They took a half-time job and the rest is music.

Your dream is to play where? 

Mihai: Actually, I think it’s already done as it is Wacken Festival. But I also dream of  Rock Am Ring. It is the Festival where I use to go to when I was young.

In Romania, we already played the biggest metal stages: we played to Maximum Rock Festival, Rockstad Extreme Fest.

And with this European tour we’ll perform small venues that I always wanted to play like Petit Bain in Paris or the Ninkasi Kao in Lyon. These were untouchable for us 3 years ago.

Then, my personal dream is that one day be enough well – known to make in parallel research and music, like 50-50. I love music but I’ll never give up the research, because it is very interesting what I’m doing.

A last word

Mihai: it is really surprising the fact of being interviewed in Paris by a Romanian girl who lives in France like me. I was very happy to meet you and discuss with you.

Thank you very much, Mihai. For me also it was a big pleasure to discuss with you.

more information : http://www.dirty-shirt.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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