GOOD CHARLOTTE’s “Generation RX” Interview with JOEL MADDEN

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La tournée Européenne de Good Charlotte commence à la fin du mois de Janvier et passera par le Zenith de Paris, le 8 février. Voilà une bonne raison de se plonger dans la lecture de l’interview avec le frontman de la bande punk-rock américaine.

J’ai rencontré Joel Madden à Paris, deux jours après la victoire de l’équipe de France à la Coupe du Monde de Football. Nous avons donc parlé un peu de ce moment historique et beaucoup de leur dernier album Generation RX, de notre société actuelle et des problèmes d’une génération déboussolée, marquée par la crise des opioïdes en Amérique. Profondément attaché à la Californie, Joel m’a aussi parlé de sa femme Nicole Richie, dont il est le plus grand fan, d’un message pour ses enfants et bien évidement de sa passion pour le streetwear. Une discussion sincère, touchante et qui donne beaucoup à réfléchir.

Salut Joel, comment vas-tu ? Avec Benji, vous arrivez à Paris au milieu de cette euphorie…

Joel : Oh, c’est un grand sentiment. J’étais à Londres quand vous avez gagné. C’était fou à Londres, donc je ne peux qu’imaginer comment c’était à Paris. Ils ont fêté tout au long de la nuit, partout dans la ville. C’était génial. Je suis très heureux. Je sens que c’était un grand moment pour la France de gagner. Je suis un outsider, donc je ne peux que faire part de mon expérience et de mon point de vue. Mais vivre en Amérique à une époque où tout est si frustrant et déroutant et où le monde est confus et tellement en colère, c’est un de ces moments quand on regarde la France, on le voit comme un pays debout et qui sait ce qu’il veut. Ça fait plaisir de voir qu’après tout ce qui est arrivé ici ces dernières années, cette victoire arrive au bon moment. Tu sais, c’était un de ces moments dans lesquels tu vois qu’il y a toujours quelque chose du bien qui se passe dans le monde.

 

7e album de Good Charlotte – Generation RX – que peux – tu me dire ? Qui est cette génération RX ?

Joel : Pour moi, il était vraiment facile d’identifier des générations, comme les baby-boomers ou la génération X, mais ensuite j’ai eu l’impression que les gens qui ont environ 40 ans maintenant font partie d’une génération brouillée et confuse et qui a eu un grand accès aux médicaments sur ordonnance. Car, un des plus gros problèmes en Amérique et que nous pouvons vraiment identifier aujourd’hui est la crise des opioïdes. C’est LE nouveau problème avec lequel nous sommes confrontés en tant que groupe de personnes.

Tout devient moins humain, que ça soit internet ou les médias sociaux, la politique ou la crise des opioïdes, je pense que le souci réel dans tout ça, c’est l’absence de l’humanité. Ainsi, dans ces conditions, il est facile pour la crise des opioïdes de devenir la crise des opioïdes. Comment cela a-t-il pu arriver ? Eh bien, parce qu’un grand groupe de personnes qui travaillent ensemble, car c’est de cette manière que nous évoluons, nous progressons et nous réussirons ensemble, nous travaillons ensemble pour faire avancer les choses, alors évidemment, ce grand groupe de personnes pousse et encourage cette forme de médication. Alors, comment peuvent-ils faire ça et dormir la nuit ? Eh bien, enlever toute forme d’humanité de leur action.

Je ne sais pas exactement quelle est la vérité, je pense plutôt que tout a commencé comme une chose liée totalement à l’argent et je pense que nous ne connaissions pas toutes les implications de ce qu’il va arriver. Nous n’avons pas eu suffisamment d’informations. Tu vois en Amérique, l’espérance de vie est en baisse. Ce qui est incroyable. Il n’y a pas une famille en Amérique qui n’a pas été touché par cette crise. Elle est représentative pour notre génération et nous avons tous participé, sans le savoir parfois.

Mais je pense que dans cet album nous ne critiquons personne. Nous essayons juste de comprendre et de poser des questions comme « Comment sommes-nous arrivés là ? D’où viennent toutes ces douleurs ? Est-ce que nous regardons en arrière et essayons de reconnaître nos propres traumatismes ? Nos propres blessures et les guérir ou est-ce que nous mettons juste un pansement dessus et nous continuons à aller de l’avant ? Comment est-que c’est d’être moi, comment est-ce que c’est d’être toi ? Enfin, posons-nous les bonnes questions ?

Pour moi, tous ces thèmes dans l’album définissent notre génération. La plus évidente est cette Génération RX touchée par la crise des opioïdes.

Comment avez-vous écrit ensemble cet album ? 

Joel : Eh bien, cet album nous l’avons fait différemment des autres. Nous avons décidé de le produire nous-mêmes, donc de le faire dans notre studio et nous avons essayé d’ouvrir vraiment notre processus sans suivre aucune règle.

Pour moi, une des plus grandes expériences sur cet enregistrement a été de créer mon propre processus différent de celui de quelqu’un d’autre et d’être OK avec ce processus. Nous avons essayé vraiment une approche intuitive, ce qui nous a permis d’écrire à partir de notre extrême conscience sans se poser de questions sur quoi nous écrivons.

On ne savait pas qu’il s’appellera Generation RX jusqu’à ce que nous ayons terminé. Mais comme fil conducteur, on pourra dire que toutes les chansons sont venues de notre conscience.

Nous avons notre label à LA et que nous gérons nous-mêmes. C’est notre petit monde que nous avons construit nous-même et où nous pouvons aller travailler. J’allais tous les jours pendant quelques heures et j’écrivais tout ce qui sortait de ma tête et puis Benji venait le lendemain et il prenait mon travail et il travaillait dessous.

Et puis, nous l’écoutions ensemble et parfois nous faisions des notes, nous changions quelque chose, parfois on jetait tout à la poubelle. Donc, en quelque sorte nous avons travaillé séparément et ensuite ensemble.

Il y a beaucoup plus de son électronique, des claviers, mais aussi du classique, des violons. D’où cette inspiration est-elle venue ?

Joel : Tous cela vient de Benji et de ZaKK Cervini qui a produit l’album avec Benji. C’était leur imagination. À chaque chanson, ils ont essayé d’ajouter des choses appropriés susceptibles d’apporter à la musique une certaine sensation. La musique devait être une toile de fond pour un contenu vraiment émotionnel.  Ils ont essayé d’ajouter les bonnes choses, là où il faillait – sans faire ni trop ni moins.

Et les paroles ?

Joel : J’ai écrit la plupart des paroles de l’album et elles viennent de ma conscience profonde. J’ai juste laissé tout sortir, quelque chose avec sens et qui me paraissait bon et accrocheur. Toutes les chansons sont nées d’une manière différente. C’était vraiment intéressant, car je n’ai jamais mémorisé ou je ne me suis jamais donné un sujet, tu sais style « tiens, je vais écrire une chanson sur ça ou ça ou Benji aurait un morceau de musique que j’écouterais en me disant que je vais chanter quelque chose là-dessus ». J’allais dans le studio et je commençais à sortir ce qui me venait à l’esprit : mélodies et paroles avec sens. Parfois, je me demandais d’où cela sortait, mais si je trouvais ça cool, je développais là-dessus.

Des chansons plus importantes pour toi que d’autres ?

 Joel : Oui, Cold Song et California, en fait les 2 chansons les plus slow de l’album, car je les ai écrites pour mes enfants et elles vont toujours être les chansons les plus importantes pour moi.

Je pense que je suis très honnête quand j’écris pour les personnes que j’aime beaucoup. J’ai essayé d’exprimer quelque chose sur la vie. J’espère qu’un jour mes enfants écouteront ces chansons et ils vont comprendre le message, ils vont en tirer quelque chose.

California – qu’est -ce la Californie signifie pour toi ? Est-ce que ce titre est aussi ta déclaration d’amour à la Californie ?

Joel : Oui, ça l’est. En fait, j’ai utilisé l’idée de la Californie car c’est quelque chose de très cher pour moi. Alors cette chanson, je l’ai écrite comme une lettre à mes deux enfants mais je pensais plus précisément à ma fille et en me mettant un peu à sa place.

Un jour, elle va s’en aller et je veux qu’elle soit libre, libre d’aller et de faire tout ce qu’elle veut faire et d’être celle qu’elle voudra être. Mais, je voulais aussi qu’elle sache que la Californie sera toujours là et qu’elle pourra toujours rentrer à la maison. Ce petit bout de terre sera toujours là. Je ne sais pas si j’ai été assez clair dans la chanson, j’essaie toujours de l’être dans mon écriture.

Mais c’est moi qui tente d’exprimer quelque chose à mes enfants, cette l’idée de la maison qui sera toujours là. Vous pouvez sortir et explorer et vous pouvez vous retrouver et n’hésitez pas d’être ce que vous voulez être et de faire ce que vous voulez mais je serais toujours ici pour vous et vous montrer le chemin pour revenir à la maison.

Cette idée de Californie, cet endroit où moi je suis venu et je me suis retrouvé et je suis devenu celui qui je voulais être, je me suis construit ma propre famille avec mes propres règles et nos propres valeurs sans être enchainés à certaines idées ou systèmes de croyances qui contrôleraient ce que nous acceptons ou ce que nous aimons – cette idée, est en fait liée à ma propre expérience.

En fait, ce que je vois dans mon monde, dans la société, actuellement, c’est que les gens essaient de s’influencer réciproquement d’être les mêmes, de faire les mêmes choses et je me demande si la similitude est une bonne chose.

Je me demande si c’est bon ou mauvais. Je veux dire que c’est agréable quand vous êtes d’accord avec d’autres personnes. Je comprends la camaraderie, mais je me demande si la différence n’est pas mieux. Je me demande si nous pensons à ça avant d’exposer nos croyances et notre avis aux autres « est-ce que je suis en train de vous influencer de faire la même chose que moi ou suis-je juste en train m’exprimer ? »

Parce que j’ai toujours envie de questionner, je ne veux pas prêcher, je ne veux pas essayer de convertir quelqu’un à ce que je crois, mais je tiens à partager mes expériences et sentiments.

Ce que je vois beaucoup, ce sont des gens qui prônent cette similitude et mon point de vue est que la Californie offre la liberté et elle vous permet d’être unique, d’être celui qui vous voulez être et d’avoir votre propre idée sur quelque chose.

Je veux que mes enfants sentent cette même liberté, donc peu importe où ils se trouvent dans le monde et ce qu’ils font, s’ils ne ressentent pas cette liberté, ils peuvent toujours revenir à la maison, toucher cette terre et trouver leurs propres idées.

En fin de compte, cet album est, thématiquement et en partie, un album concept, mais c’est un vrai Good Charlotte, car je pense que nous avons toujours donné notre propre avis sur la société.

Je pense que dans le passé, nous étions plus jeunes, peut-être moins confiants et sarcastiques, nous étions en colère parfois et je pense que certaines de nos idées n’ont pas été exprimées exactement comme elles auraient pu l’être.

Ça ne veut pas dire que je regrette des chansons, car je pense que certaines chansons que nous avions faites expriment vraiment notre avis sur la société, mais maintenant en tant que père et qu’adulte je me dis que nous avons attiré l’attention sur nous à force de vouloir dire quelque chose de bien et d’exprimer notre point de vue et je ne peux pas le changer.

Tu es toujours en train de réfléchir sur toi-même et essayer de mieux faire. J’ai fait des erreurs quand j’étais plus jeune, j’étais jeune et insouciant, mais je suppose que c’est naturel.

Cet album est certainement notre point de vue sur la société et sur le monde que nous voyons et dans lequel nous vivons, mais je ne pense pas que nous pointons une personne, nous posons juste des questions.

Tu diras donc que cet album est plus mature, une sorte de nouveau départ ? 

Joel : Oui, je pense que c’est l’album le plus « moi » qu’on n’ait jamais fait.

Et Benji est d’accord avec ça ?

Joel : Oui.

Shadow Boxer, l’une de chansons les plus sombres et les plus poignantes de l’album, quelle est son histoire ?

Joel : ShadowBoxer… tu sais j’ai toujours aimé juxtaposer des choses et j’adore quand quelque chose semble être quelque chose mais en fait, c’est quelque chose d’autre. Je pense que c’est l’histoire de ma vie parce que je fais des choses qui probablement donnent l’impression d’être quelqu’un d’autre mais je ne suis pas du tout cette personne.

À première vue, quelqu’un qui ne me connaît pas peut me rejeter et me réduire à une certaine chose. Et je pense, c’est valable pour tout le monde. Je pense que nous sommes tous en train de nous juger mutuellement d’après notre apparence et lorsque nous faisons cela, nous rejetons une personne entière, un être humain complexe, dynamique et profond comme tout être humain peut l’être.

ShadowBoxer est le titre où la musique est vraiment heavy et agressive, et les paroles sont un peu vulnérables, c’est une confession, je parle de mes propres luttes intérieures. Le refrain pose cette question « quand tu te regardes dans le miroir qu’est-ce que tu te dis à toi-même ? Est-ce que tu t’encourages toi-même ? Est-ce que tu t’aimes toi-même ou tu te déteste et tu te fais de reproches ?

Et pour moi, c’est là où tout commence parce que nous nous levons chaque jour et nous devons nous regarder nous-même.

Certaines personnes le font, mais certaines personnes ne le font pas, mais nous devons tous le faire. Nous commençons tous les jours avec une idée sur nous-mêmes.

Et je pose cette question aux gens : si vous vous regardez et vous vous critiquez vous-même et si vous vous détesté vous-même, comment pouvez-vous aimer quelqu’un d’autre ? Si tu ne t’aimes pas toi-même, je pense vraiment que cela détruit ta vie.

Si tu demandes à quelqu’un « Hey quand tu t’es regardé ce matin qu’est-ce que tu t’es dit à toi-même ? » et les gens te diront « quoi ? » et ils seront mal à l’aise, tu sais. Mais il est important, car notre interaction avec l’autre commence là, avec nous-même et avec ce que nous ressentons.

Je pense que nous allons percevoir le monde et les autres, comme nous nous percevons nous-mêmes, de la manière de comment nous nous sentons et nous voyons le monde.

Si on se sent soutenu, on soutiendra les gens, si on ressent de l’amour on aimera les autres. Je ne savais pas cela avant. Je pense que j’ai découvert à un âge plus avancé que je dois commencer avec moi tout d’abord, je dois trouver une façon de m’aimer moi-même, de m’encourager et de me supporter et comme je l’ai fait, je suis devenu plus solidaire et plus aimant.

Shadow Boxer est cette lutte avec toi-même, et le message que tu te dis à toi – même, donc j’adore cette chanson.

C’est une chanson magnifique

Joel : Merci

Je sais qu’avec Benji vous aviez votre propre fashion brand, il existe encore ? 

Joel: J’ai juste décidé de redevenir fan et acheter des vêtements que j’aime. J’ai toujours été un fan de streetwear, je porte et je suis de marques depuis longtemps. A mon avis, c’est probablement encore une des choses qui reste encore jeune en moi. J’aime toujours les marques et j’aime toujours m’intéresser à certaines choses. J’aime quand les nouvelles collections arrivent, les collaborations…Disons qu’en ce moment, je suis plutôt spectateur et fan.

Good Charlotte a eu récemment une collaboration avec Chinatown Market …

Joel : Oui, c’était génial car c’est une marque récente en Amérique et que j’aime vraiment. Je suis un fan de marques comme Bathing Ape, Palace et Suprême, marques que j’aime depuis de nombreuses années, près de deux décennies, et que je porte encore, mais ils ont fait leur chemin. Dernièrement, j’étais à la recherche de nouvelles marques dont je voulais devenir aussi passionné et obsédé comme les autres que j’aime depuis longtemps. Avec Chinatown Market, nous avons été assez chanceux d’être choisis et de faire cette collaboration. J’aime cette marque et c’était vraiment cool et amusant à faire.

C’était un peu comme un plaisir personnel, et j’étais vraiment excité à ce sujet et je pense que les fans le savent, mais s’ils ne l’aiment pas nous avons toujours notre merchandising qui est vraiment cool.

A quand une collaboration avec House of Harlow ? (Ndlr – le brand de Nicole Richie, la femme de Joel)

Joel : Oh, oui. Tu aimes House of Harlow ?

Oui, beaucoup. En France il n’y a pas de boutique. Dispo uniquement en ligne…

Joel : Alors, nous devons faire quelque chose… J’adore la marque de ma femme. Tout ce qu’elle fait est cool. Avec elle rien n’est prémédité, tout est sentiment et instinct. Elle vient toujours avec une idée incroyable, comme par exemple pour les séances photo… et j’adore la regarder travailler. Elle est véritablement une des rares personnes que j’ai rencontrées et qui n’a jamais laissé le business intervenir dans sa démarche créative, elle travaille juste à l’inspiration. Elle aime l’esthétique et elle sait créer une esthétique agréable.

J’adore quand elle est en train de faire des séances photos. Je ne l’accompagne pas à chaque séance car on aime se donner de l’espace au niveau créatif, mais quand je regarde le résultat, je suis toujours époustouflé. Elle a cet « effortless style », elle est naturellement stylée. Elle a un réel talent pour mettre les choses ensemble.

C’est cool de la voir avec sa marque, de la voir grandir et de voir au fil des années, tout ce qu’elle est capable de faire. C’est cool de la regarder vivre sa vie. Je suis son plus grand fan, tu sais, nous sommes ensemble depuis 12 ans et elle est de plus en plus cool.

Merci beaucoup Joel

Joel : Merci à toi

English Version .

 

 

Good Charlotte’s European tour starts at the end of the month and it will pass through Paris on 8th February at the Zenith.A good reason to have a look to the interview below.

I’ve met Joel Madden, the frontman of the punk rock band in Paris, two days after the victory of the France Football team at the World Championship. In promotional tour with his twin brother Benji, we’ve talked a little bit about this historical moment and a lot about their latest album Generation RX, his commentary on the society and the problems of a confused generation touched by the opioid crisis in America. Deeply attached to California, Joel also talked to me about his wife Nicole Richie, of which he is the biggest fan, about a message to his kids and of course, about his passion for the streetwear. A sincere and touching interview that gives us a lot to meditate.

Hi Joel, how are you? You arrive in Paris in the middle of this euphoria

Joel: Oh, it’s a great feeling. I was in London when you guys won. It was crazy in London, so I can only imagine how was in Paris. They were up all night long and you could hear them everywhere in the city. It was great. I am very happy. I feel like it was a great moment for France to win. I am an outsider, so I can on share my experience. But living in America in a time where everything is so heated, confusing and everyone is so angry and confused, it’s one of those moments when you look at France and it feels like a country that is standing up and it really knows itself. It’s nice to see that. After everything France has been thought these last few years, this win felt right. You know, one of those moments when you see something in the world it still felt right.

7th album for Good Charlotte – Generation RX – What can you tell me about it? Who is this Generation RX?

Joel: To me, it used to be really easy to identify generations, like baby boomers or generation X, but then it feels like everyone from my age down to like 40, it is this kind of jumbled up generation of people who obviously had access to take up prescription medications. Because one of the biggest issues in America, that we can identify with our time that we’d live through is the opioid crisis. It represents the new problem we face as a group of people.

Everything become less human, you know, whether is internet or social media, politics or the opioid crisis, I think the real lack in every problem is the absence of humanity. So, it’s easy for the opioid crisis to become the opioid crisis in these conditions. How does it happen? Well, because a large group of people who are working together as this is how we succeed as a society, how we evolve and how we move forward, we work together to get things done, so obviously there is a large group of people that is pushing this form of medication together. So how they can do that and sleep at night? Well, take the humanity out of it and justify it.

I do not think that this is completely accurate. I think that it’s started as a money thing completely and I think we did not know all the implications of what would happen. I think there wasn’t enough information. You see in America the life expectancy is going down. It’s crazy to think about that. There is not a family in America that hasn’t been touched by this crisis, so it representative of our generation. We had a front row seat, we have all participated, unknowingly sometimes.

I do not think that on this record we criticised anyone. I think we are just asking questions like how did we get here? where does these all these pains are coming from? are we looking back? are we trying to recognize our own traumas, our own injuries and heal ourselves and love ourselves? or we are just putting a band aid on it and we continue to go forward?

Or what does it feel like to be me, what does it feel like to be you, are we asking the right questions?

You know these themes on this record that to me, define our generation and the most obvious one is Generation RX touched by the opioid crisis.

How did you write together this record and assembles all these songs?

Joel: With this record we did it differently than the other records. We decided that we wanted to self-produce it, so we made it in our studio and we try to really open up our process and not have any rules. For me, one of the biggest growing experiences on this record was learning my own process and being ok with my process that it would be different of anyone else. So, we tried to really approach this intuitively and we allow ourselves to write from our extremely consciousness without questioning what we are writing about. So, we did not know that the record will be called Generation RX until we were done. But as a body of work every song that came, it was really extremely consciousness.

We have a music company in LA, we self-manage, we have our little world that we built out there, we can go and work. I would go there every day for a couple of hours every day and just write whatever came out and I would leave it and Benji would come in the next day and he will take it and he will work on it. And then, we listen to it together and sometimes we would make notes, we change something, sometimes we throw the whole thing away, so we kind of work mostly apart then together.

You add very divers sounds and inspirations like electronic, orchestral sound with violins, keyboards. Where this inspiration came up?

Joel: Those are all Benji’s acts and ZaKK Cervini who made and produced the record with Benji. That was all their imagination. With each song they were trying to add things that were appropriate to make the music that kind of feel. The music had to be the back drop for some really emotional content.  They were trying to add the right things, find the space where it wasn’t too much or it wasn’t too little.

How about lyrics?

Joel: I wrote most of the lyrics on this record and they were all started from an extremely consciousness. I was just going and let everything came out, something with catch, something that feel right and would go on that. All songs were born in a different way. It was really interesting, I never memorise like you know “I will write a song on this or Benji would have a piece of music I would listen to and said yeah, I will sing over this”. I just go in and I will just start streaming whatever came out: melodies and words with sense. Sometimes, I wondered where this come from but if I like it- it’s cool and I would just start expending on that. All songs were formed like this.

Do you have a song that is more special for you on the album?

Joel: Yeah, Cold Song and California also, actually the 2 slower songs on the record, I wrote both songs for my kids and they will always be the most important songs for me.

I think that I am being very honest when I am writing to the people that I love very much. I am trying to express something about life to them and I hope my kids will listen to these songs one day and they will take something from it.

California – what California means to you? Is this also your love declaration to California?

Joel: It is. I used the idea of California as that means something very dear to me. Then on this song, I am writing a letter to both my kids but I was really thinking about my daughter and I was wondering what it would be like to be her.

One day she will go and I want her to be free to go and to do whatever she wants and be whoever she wants. But I also wanted her to know that California will always be there and that she can always go back home and touch the ground. That little piece of earth will always be there.

I do not know if I was that clear enough, I’m always trying to be in my song writing. It was me trying to express something to my kids, where the idea of home will always be there. You can go out and explore and you can find yourself and feel free and be who you want to be and see what you want and find yourself, but I will always be here to show you how to get back home.

This idea of California, this place where I came and I found myself and I got to be whoever I wanted to be, I got to built my own family with my own rules and our own values and we were unchained to any idea system, or system of beliefs that controlled what we accept, what we love – this idea it is like going back to my own experience.

Actually, what I see in my world and what I see in society is that people trying to influence each other to be the same and I wonder if the sameness is a good thing.

I wonder if it is good or bad. I mean, it is nice when you can agree on people. I understand the comradery but I wonder if difference isn’t better. I just wonder if we think about that, questioning like “hold on before I push my beliefs on you and I tell you what I think, I am trying to make you the same as me or am I expressing myself?”

Because I always want to question, I don’t want to preach anyone, I don’t want to try to convert anyone to what I believe but I want to share as a person sharing his experiences and feelings.

What I see a lot, all time, is that people are pushing the sameness from my perspective and to me California offered freedom and it offered an opportunity to go and be unique, to be whoever you wanted to be and come to your own idea on something.

I want my kids to feel that same freedom, so no matter wherever they are in the world and what they do, if they do not feel that freedom, they can always come back home and touch the ground and remember who they are and they can come up to their own idea.

Ultimately, this whole record thematically is some of a concept record but it’s a true Good Charlotte record, I think we have always given our own commentary of what we see socially.

I think in the past we’ve been younger, maybe less confident and sarcastic, self-deprecating or we were angry sometimes but I think that some of our points were made but not that accurately as they could have been.

It does not mean that I regret any songs, because I think some of the songs that we had were big in our career and had social commentary, but as a dad, a grown man, I said to myself “ I get what you were trying to say, I think sometimes you polarised some people because you were trying to say something good, I think you are trying to make a point” but I do not think that I was that accurately that I could be and I can’t change it.

You always reflect on yourself and do better. That I made mistakes when I was younger, I was young and reckless but I guess that’s natural.

But this record is definitely our commentary on the society and on the world that we see and we live in it, but I do not think that we are pointing at anyone, we are just asking questions.

So, you would see this album as more mature and a kind of new beginning?

Joel: Yeah, I feel that it is like the most “me” record that I ever did.

And Benji agree with it?

Joel: Yeah

Shadow Boxer, is one of the most poignant song on the album, what is its story?

Joel: Shadow Boxer…I always like really love juxtaposing things and I love it what something seems like something but it is something else. I think that that’s the story of my life, because I do things that I probably seems like something but I am completely not the thing that I would say.

At first glance, someone who does not know me, may just dismiss me as a certain thing. And I think, that’s all people. I think that we all judge each other at cover and when we do that, we are dismissing an entire person that’s complex and dynamic and intricate and deep as every human being is.

So this record represents this to me, even the cover with the mask, you will say, yeah  of course this is Good Charlotte, yeah of course they will do skulls,  and I kind of wanted a little bit of that, dismiss a lot first because it really looks like specific to Good Charlotte but when we shot that cover with the make-up and we saw the picture, I wanted to do something slightly obvious, so that I am almost challenging people to dismiss the record in a way.

ShadowBoxer is the one where the music is really heavy and aggressive and the lyric content is kind of vulnerable and the versus are really confessional, you know talking about my own struggles and the chorus is really asking the question like when you look in the mirror what do you tell yourself? Are you supporting yourself? Are you loving yourself or are you criticises yourself, are you hating yourself or are you tearing yourself down?

And to me that’s where we all starts because we get up every day and we have to look up to ourselves. Some people don’t, some people do, but we all have to. We start everyday with an idea about ourselves. And I guess I am questioning people saying like if you are looking at yourself and you are criticising yourself and you are hating yourself, how can you love anyone else and what that will do to your life. As I really think that it destroys your life when you do not love yourself.

And it’s kind of a confronting question if you ask someone “hey when you looked to yourself this morning, what did you say to yourself?”  and they will be like “what?” It’s uncomfortable, you know. But it is important because our interaction with each other all starts there, all starts of how we feel.

I think we are going to perceive the world and each other, as we first perceive ourselves, how we feel and how we see the world. If we feel supportive, we will support people, if we feel love, we will love people. I did not know that before. I think I discover it at my older age that I have to start with me first and I have to find a way to love myself, to support myself, to encourage myself and as I’ve done that, I become more supportive, more encouraging and more loving.

ShadowBoxer is that struggle with yourself and what’s the message what are you implying to yourself, so I love that song.

It’s a great song!

Joel: Thank you

I know you guys had your own fashion brand, what is happening with this brand? Does it still exist?

Joel: I have decided just to become a fan again and buy clothes that I like. I’ve always been a fan of street wear so I’ve been wearing and following brands for so long. It’s probably still one of the things that I feel it is still young about me. I still love brands and I still like to look for certain things. I love when new things drop, collaborations and so on. Let’s say that I am a spectator these days and more a fan.

Good Charlotte had a collaboration with Chinatown Market …

Joel: Yes, it was great as it is a newer brand in America that I really love. I am a fan of brands like Bathing Ape, Palace and Supreme, brands I love for many years, almost two decades. I still wear them, they kind of made their way into the masses and I am always kind of looking into new brands that I can get really obsessed and passionate.

With Chinatown market, we were lucky enough to reach out and do this collaboration. I really love it. It’s really cool and fun to do it. I am a big fan of their whole design team and I was really happy to see that they take on Good Charlotte.

For me, it was like a little personal fun, a thing that I was really excited about it and I think the fans know it and enjoy it but if they don’t it still like really good merch and It’s really cool it was really fun to do.

How about a collaboration with House of Harlow?

Joel: Oh, yeah. You like House of Harlow?

Yes but we do not have a shop in France yet. It’s available only on line …

Joel: Then we need to get it over here. I love my wife’s brand. Everything she does is cool. It is so cool to watch her go to the world. With her is not like premeditated, it’s all feeling. It’s all instinct. She always comes over with an idea like where to be next photo shoot to be there… and I just love watching her work. She genuinely is one of the few people that I’ve met who never thinks for a second about the business over all, she never plays into her creative process, she just goes out on inspiration. She loves aesthetic and she is really good at creating an aesthetic that is pleasing.

I love it when she is doing photo shoots. I do not go to all of them as creatively, we definitely give each other space, just be whoever we have to be in our creative process but then when we are back together and we have the product and we check up these photos, I am always blown away with what comes up from her mind because she is effortlessly stylish and she has a real knack for putting things together that look good together .

I am always blown away with like how she can roll out of the house in the morning and I am like “did you just get styled “it’s just her natural style, she is always on her best style.

It’s cool to see her with her brand, watching her growing over the years and see her doing all the things that she is able to do. It’s cool to watch her live life. I am her biggest fan you know, we’ve been together for 12 years this year and she just gets cooler.

Thank you very much Joel

Joel : Thank you

 

 

 

 

 

 

 

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