FASHION ROCKS – Jean-Charles de Castelbajac “L’Imagination au pouvoir” at Les Abattoirs,Toulouse

Il y a des expositions qui déroulent une carrière, et d’autres qui racontent une attitude.

« L’Imagination au pouvoir », aux Abattoirs – Musée/Frac Occitanie Toulouse, fait clairement partie de la seconde catégorie. On y entre comme dans l’esprit de Jean‑Charles de Castelbajac : un créateur qui, en 50 ans de carrière, n’a jamais choisi entre mode, art, pop culture et sacré, parce qu’il a toujours préféré tout mélanger. Et c’est précisément cette particularité remarquable qui fait son style.

On a eu le plaisir de découvrir cette merveilleuse exposition et on vous en parle.

Jean‑Charles de Castelbajac démarre à la fin des sixties, dans un geste punk avant l’heure : un manteau taillé dans sa couverture de pensionnaire, des vêtements en serpillère, torchon de cuisine ou en bande Velpeau, l’upcycling avant que le mot existe. Aux côtés de sa mère crée la société Ko & Co à Limoges.

Et très vite, il impose sa griffe. ICEBERG en 1974, sa propre maison en 1978, les pulls cartoons en 1979 — autant de signaux envoyés à une mode qui, à l’époque, se prenait encore très au sérieux. Lui, non. Lui joue, détourne, hybridise.

Sa collaboration avec Max Mara, dès 1975, ouvre un terrain plus vaste : celui d’un créateur qui pense la mode comme un laboratoire artistique. Sportmax, les années 80, les défilés transformés en scènes ouvertes… Castelbajac comprend avant tout le monde que la mode n’est pas un silo mais un carrefour.

Il invite des artistes, des musiciens, des plasticiens. Barceló, Ben, Combas pour des robes‑tableaux ; Robert Mapplethorpe, Keith Haring, Cindy Sherman pour les invitations ; Veilhan et Bismuth pour les décors ; Malcolm McLaren et Pedro Winter pour la musique. Une véritable scène rock visuelle, où chaque défilé devient un concert sans riffs.

L’exposition montre aussi son goût pour l’accumulation : gants, peluches, objets du quotidien transformés en manteaux, canapés, armures pop. Une esthétique unique du “too much”, du jeu, du détournement qui lui attire une notoriété mondiale.

Il invite des artistes, des musiciens, des plasticiens. Barceló, Ben, Combas pour des robes‑tableaux ; Robert Mapplethorpe, Keith Haring, Cindy Sherman pour les invitations ; Veilhan et Bismuth pour les décors ; Malcolm McLaren et Pedro Winter pour la musique. Une véritable scène rock visuelle, où chaque défilé devient un concert sans riffs.

D’ailleurs, ce qui nous a frappé le plus dans « L’Imagination au pouvoir », c’est le fil musical. Castelbajac a toujours travaillé comme un DJ visuel : sampler, mixer, détourner. Ses costumes de scène, ses collaborations pop et rock, ses visuels pour les concerts racontent un créateur qui pense en rythme. Aux Abattoirs, ce dialogue image‑son devient la clé de lecture de toute son œuvre.

On y découvre également de magnifiques dessins, des silhouettes inspirées des chefs‑d’œuvre de l’histoire de l’art (Warhol, Basquiat, Picasso, Man Ray…), du mobilier et même des chasubles liturgiques qui détournent les codes sacrés.

Un voyage dans l’univers d’un artiste visionnaire.Une expo vraiment superbe. Si vous êtes dans le coin, ne laissez pas passer l’occasion : foncez la voir avant le 23 août.

Sources : Les Abattoirs, Toulouse  

ENGLISH VERSION

There are exhibitions that unfold a career, and others that tell of an attitude.

LImagination au pouvoir (Imagination in power) at Les Abattoirs – Musée/Frac Occitanie Toulouse, is clearly part of the second category. We enter it as if in the spirit of Jean-Charles de Castelbajac: a designer who, in 50 years career, has never chosen between fashion, art, pop culture and the sacred, because he has always preferred to mix everything. And it is precisely this remarkable particularity that makes its style.

We had the pleasure of discovering this wonderful exhibition and we tell you about it.

Jean-Charles de Castelbajac started at the end of the sixties, in a punk gesture before its time: a coat cut from his boarder’s blanket, clothes in mops, kitchen towels or Velpeau bands, upcycling before the word existed. Alongside his mother, he created the company Ko & Co in Limoges.

And very quickly, he imposed his signature. ICEBERG in 1974, his own house in 1978, cartoon sweaters in 1979 — all signals sent to a fashion that, at the time, still took itself very seriously. He didn’t. He plays, diverts, hybridizes.

His collaboration with Max Mara, from 1975 onwards, opened up a wider field: that of a designer who thought of fashion as an artistic laboratory. Sportmax, the 80s, the parades transformed into open stages… Castelbajac understands above all that fashion is not a silo but a crossroads.

The exhibition also shows his taste for accumulation: gloves, cuddy toys, everyday objects transformed into coats, sofas, pop armor. An aesthetic of too much, of play, of diversion that makes him famous all over the world.

He invites artists, musicians, visual artists. Barceló, Ben, Combas for painting-dresses; Robert Mapplethorpe, Ketith Haring, Cindy Sherman for the invitations; Veilhan and Bismuth for the decors; Malcolm McLaren and Pedro Winter for the music. A real visual rock scene, where each show becomes a concert.

But what we loved the most in ” L’Imagination au pouvoir ” is the musical thread. Castelbajac has always worked as a visual DJ: sampling, mixing, diverting. His stage costumes, his pop and rock collaborations, his visuals for concerts tell the story of a designer who thinks in rhythm. At Les Abattoirs, this image-sound dialogue becomes the key to reading all his work.

You’ll also find magnificent drawings, silhouettes inspired by iconic masterpieces (Warhol, Basquiat, Picasso, Man Ray.., furniture pieces, and even liturgical chasubles that playfully subvert sacred codes.

A journey into the universe of a visionary artist. A truly superb exhibition. If you’re in the area, don’t let the opportunity pass you by: go see it before August 23rd.

Sources: Les Abattoirs, Toulouse