Sortilège: The Eternal Flame of French Heavy Metal – Interview with Christian and Olivier

Depuis sa reformation en 2019 autour de son chanteur emblématique Christian « Zouille» Augustin, SORTILEGE avance avec une détermination intacte et insuffle un second souffle enthousiasmant à son répertoire. Porté par un line-up solide composé de musiciens expérimentés, le groupe s’affirme pleinement dans le présent, tout en gardant un œil fier vers l’avenir et un profond respect pour les fondations – et les hymnes – qui ont forgé sa légende.

Considéré comme l’une des formations majeures de la scène métal française des années 80, Sortilège, LE groupe de heavy metal made in France, demeure l’un des rares à avoir réussi une transition aussi réussie vers de nouveaux horizons, sans renier son identité.

Après la sortie de leur excellent album « Le poids de l’âme» sorti le 21.11.2025, la première moitié du 2026 a été particulièrement intense avec entre autres une série de trois concerts en special guest de Saxon dans les Zénith de Toulouse, Nantes et Paris, un retour remarqué au Hellfest, et une tournée estivale des festivals qui se poursuit actuellement.

Le 28 août, le groupe français proposera également une nouvelle version réenregistrée de son album mythique Larmes des Héros (paru initialement en 1986). Une occasion idéale pour les fans de la première heure comme pour les nouveaux venus de redécouvrir ce classique légendaire.

Il y a quelque temps, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Christian « Zouille » Augustin (chant) et Olivier Spitzer (guitare). Une rencontre passionnante qui ouvre les portes de l’univers Sortilège : la musique, bien sûr, mais aussi la scène, le style, et bien d’autres facettes qui façonnent l’identité du groupe. Découvrez notre interview.

Pour les lecteurs qui découvriraient Sortilège, pourriez‑vous dresser en quelques mots un portrait du groupe, tel qu’il existe aujourd’hui ?

Christian : Alors on peut dire que le seul personnage issu de “40 ans d’expérience” c’est moi, Christian « Zouille » Augustin, le chanteur du groupe. Ensuite, il ya Olivier Spitzer, le compositeur du groupe et producteur artistique, Michaël Zurita, qui est notre nouveau guitariste, qui remplace Bruno Ramos, qui nous a quitté au mois de mai 2025. Et il y a Sébastien Bonnet, le bassiste, et Clément Rouxel, le batteur. Et on joue du métal mélodique avec des vrais refrains et des textes en français.

Olivier : Notre musique est un mélange du heavy et du power en français.

Depuis votre réformation en 2019, vous avez déjà enchaîné les albums — Phoenix, Apocalypso, un live, et Le Poids de l’Âme sorti le 21 novembre 2025. On a vraiment l’impression que tout s’accélère pour vous, qu’il y a un véritable élan créatif. Comment l’expliquez‑vous ?

Christian : Je dirais qu’on arrive vers la ligne d’arrivée : notre génération, on ne va pas tenir encore vingt ans, c’est la réalité.

On veut essayer de faire un maximum de choses avant la fin d’un groupe parce qu’on ne sera pas éternel, malheureusement.

Ce qui nous motive maintenant, c’est l’envie de retrouver le public de plus en plus. Le public est notre vraie source d’énergie.

Avant même l’album studio, l’essentiel pour nous, c’est la scène : jouer, partager, rencontrer les fans. C’est ce qui reste le plus important.

Comment s’organise votre communication et écriture au quotidien ? Est‑ce que vous échangez des fichiers via email, téléphone portable, ou vous fonctionnez autrement ?

Olivier : Non, on se voit tout le temps. On habite près les uns des autres, donc on répète en continu pour être le plus précis possible sur le répertoire. Et puis, il y a toujours de nouveaux morceaux qui arrivent, ou d’anciennes idées qui ressurgissent. On est en fusion permanente, ça bouillonne tout le temps.

Et puis, on enregistre chez moi. J’ai un studio que j’ai construit depuis une vingtaine d’années, totalement fonctionnel. C’est un petit espace, donc on n’y enregistre pas les batteries, mais pour les voix, les guitares et quelques éléments supplémentaires, il est parfait.

Pour les batteries, on va dans de gros studios. Une fois qu’elles sont enregistrées, on reprend toutes les pré‑maquettes et on refait tout en fonction des batteries définitives. C’est pour ça qu’un album prend du temps : il faut au minimum deux mois de réenregistrement, puis encore un bon mois de mix.

Votre dernier l’album s’appelle le titre “Le poids de l’âme“. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu le titre ?

Christian : C’est l’histoire d’Anubis. Dans la mythologie égyptienne Anubis est le gardien de la mort, celui qui décide si l’âme part vers l’enfer ou vers le paradis.

Le thème, c’est le rituel où Anubis pèse l’âme — autrement dit le cœur de la personne. Il place une plume sur l’autre plateau : si l’âme est plus lourde, direction l’enfer. Si l’équilibre se fait, alors il te remet la fameuse clé d’ankh, cette clé d’or qui ouvre l’accès à la vie éternelle.

C’est vraiment le côté visuel qui nous a poussés à en faire le titre de l’album : tu l’as vu, la pochette est superbe, quelque chose d’extraordinaire. Avec cet univers égyptien, les décors, les hiéroglyphes… Comme on baigne là‑dedans depuis longtemps, c’était une évidence.

Selon vous, quel a été le principal défi dans la réalisation de cet album ?

Olivier : Il y a eu plusieurs étapes. D’abord, il a fallu décider de le faire. Le plus gros challenge, ça a été tout ce qu’on a traversé après le drame du décès de Bruno ajouté à certains aspects business qui ne tournaient pas comme on l’aurait voulu. À un moment, on s’est vraiment demandé : à quoi bon continuer?

On a perdu l’un des membres fondateurs du groupe. Ça avançait, mais pas assez pour en vivre, soyons honnêtes. Alors la vraie question, c’était : qu’est‑ce qui nous motive encore ? Il a fallu retrouver cette motivation. Une fois qu’on l’a eue, le reste a suivi : ça fait cinq ans qu’on bosse ensemble, on est rodés. Quand on met une pièce dans le jukebox on y travaille : planning, organisation, process… tout est au point.

Mais le plus dur, c’est la décision de départ. Trier les maquettes, se dire : “OK, ça, ça peut devenir un album.”

C’était la première pierre, et ce n’était pas évident. Les deux albums précédents avaient une logique implacable : réenregistrer les morceaux historiques dans Phoenix, puis sortir un album de compos.

Là, rebondir après tout ça, c’était plus compliqué. Ça s’est fait dans la douleur…

Vous aviez déjà collaboré avec Michaël Zurita auparavant. Est‑ce que l’idée de lui proposer de vous rejoindre s’est imposée tout de suite ?

Olivier : Oui, c’était l’un des choix les plus évidents. Pour toutes les raisons que tu as évoquées, et surtout pour l’humain : on le connaissait bien. Il nous fallait quelqu’un de doux, quelqu’un capable d’absorber notre côté parfois véhément. Face à notre énergie, il faut des gens qui savent accueillir les idées, les discuter, les rejeter ou les adopter avec simplicité et calme. C’est le cas de Michaël, comme de Sébastien et Clement.

Vous avez beaucoup tourné dernièrement en France mais aussi à l’étranger : Portugal, Tchéquie, Allemagne, Pologne… vous chantez en français, mais visiblement ça fonctionne très bien.

Christian : C’est incroyable : partout où on va, les gens connaissent les paroles par cœur — phonétiquement, bien sûr. On a joué en Grèce, en Suède, en Allemagne… des pays où le français n’a rien d’évident, et pourtant ils chantent tout. C’est dingue. Et puis on retrouve les anciens fans, mais il y a aussi toute une nouvelle génération qui arrive.

Sortilège au Zenith de Paris, 17/05/2026

Vous avez revu les fidèles de toujours, mais aussi une nouvelle vague qui débarque. Comment vous avez interprété cette nouvelle génération de fans ?

Olivier : ça se passe souvent dans le cadre de festivals dans lesquels les gens viennent faire la fête. On est à l’affiche et on est très impliquée dans ce qu’on fait : certains ne nous connaissent pas encore, mais ils se laissent rapidement séduire par l’alchimie entre les paroles et les mélodies de Christian, la musique, et l’énergie que le groupe dégage sur scène. Cet impact, on l’a construit grâce aux gens avec qui on travaille.

“Le public est notre vraie source d’énergie”

C’était important au niveau européen qu’on sache se placer avec une qualité d’impact qui soit équivalent à Grave Digger ou Praying Mantis, des groupes qui tournent depuis 20, 30, 40 ans.

Cette formule de Sortilege n’avait que 4-5 ans mais il fallait qu’on soit capables de présenter un show qui était à la hauteur de ce que ces gens-là présentaient. Donc il fallait tenir son rang et c’était un vrai challenge.

Maintenant qu’on sait le faire, on est capable de le faire partout en France ou à l’étranger.

Parlons look : Avez-vous une tenue spéciale rock pour la scène ?

Christian : Un pantalon avec des fermetures éclair, des manchettes cloutées, un T‑shirt noir… c’est du classique, mais ça peut aussi être tout autre chose. Par exemple, une chemise à jabot, un gilet, un peu de cuir… Il y aura toujours cette touche rock dans mes tenues. Sur scène il faut que ça soit confortable bien sûr mais avec un thème aussi.

Olivier : Sur scène, il faut un minimum de costume. Je ne serais pas à l’aise en arrivant habillé n’importe comment.

Christian : Un concert, c’est une cérémonie pour moi. Tu ne vas pas à une cérémonie habillée en jogging. Il faut respecter le public qui vient nous voir.

Olivier : Et puis on est assez sportifs sur scène, donc il faut des pantalons moulants mais pas trop, des chaussures qui sont lookées mais pas trop lourdes, être à l’aise dans nos t-shirts. On bouge tellement donc il faut que ça soit confortable. Il y a peu de chaînes, un peu de clous.

Si on avait plus de moyens, on investirait davantage — par exemple dans des pantalons sur mesure, comme ceux créés par le designer de Judas Priest, ce qui me plairait beaucoup. Mais pour l’instant, mettre 400 ou 500 euros dans un pantalon pour l’instant c’est non !

Revenons un peu à vos débuts, qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Christian :  Des groupes que j’écoutais à l’époque. Par exemple, il y a un groupe français qui s’appelait Variations formé dans les années 60.

Olivier : C’est le premier groupe de hard rock français.

Christian : Oui, J’avais 14-15 ans et je suis allé les voir à l’Olympia. C’était l’un des premiers groupes avec les mecs des cheveux bouclés, blonds, avec des micros extraordinaires. Je me suis dit “c’est ça que je veux faire”.

Après, j’ai commencé à écouter Alice Cooper, Uriah Heep, Deep Purple, etc.

Et puis j’avais une voix, je suis né avec une voix, heureusement. Je faisais de la batterie aussi un peu pour m’amuser, et puis un jour dans le groupe dans lequel je jouais, le chanteur tombe malade, et le guitariste me dit “tu sais chanter toi ?” “Ah ouais, je sais mais je ne pourrais pas battre en même temps ». Et il m’a dit « ce n’est pas grave, je vais trouver un batteur, mais il me faut un chanteur.” On faisait des reprises les Rolling Stones. J’ai pris le micro et puis le mec dit : “Tu ne bats plus, tu restes chanteur.” Ça a commencé comme ça.

Olivier :  C’est un peu pareil pour moi mais c’est un autre groupe : The Sensational Alex Harvey Band. Ils avaient un côté maquillé un peu comme Kiss et des habits extraordinaires. Je l’ai vu sur scène, c’était électrique et j’ai dit je jouerai ça. J’avais 13 -14 ans.

Selon vous, quel avenir attend la musique avec l’essor de l’intelligence artificielle ? On voit apparaître de plus en plus de projets entièrement créés par l’IA. Pensez‑vous que la musique faite par de vrais musiciens risque de disparaitre peu à peu, au profit de ces productions artificielles ?

Olivier : Disparaître ? Non, mais il y a une compétition entre l’Human et l’IA.

Christian : Il y aura de plus en plus d’IA de toute façon pour la composition, ça c’est évident. C’est tellement facile et tellement simple à faire.

Mais, Il manque quand même l’aspect humain qu’on ressent quand on écoute des musiques qui ont été faites en IA. On sent que c’est fait par une machine. Il manque une chaleur, il manque quelque chose. Mais le problème, c’est que c’est exponentiel :  l’IA progresse tous les ans.

Et dans dix ans, à mon avis, peut-être même avant, je pense elle va avoir le même niveau qu’un compositeur humain. Alors ça, fait peur.

Olivier : Moi, Je n’ai pas peur et ça ne me fait clairement pas envie.

Je n’ai pas envie de composer avec de l’IA. Je prends du plaisir à composer tout seul. Peut-être que j’ai moins d’idées que ce que l’IA pourrait me fournir, mais je préfère mes petites idées à moi et qui sortent de moi, c’est mon plaisir. Me relier avec un donneur d’idées, ce n’est pas mon truc.

Maintenant, ça existe et ça sera de plus en plus gros comme l’a dit Christian.

Il restera la scène mais. Mais bon, on ne sait jamais, des hologrammes, ABBA l’a fait, KISS vont le faire.

Qu’est-ce que vous écoutez alors en ce moment ?

Christian : je suis fan d’un garçon qui s’appelle Dino Jelusić. Il est monstrueux. C’est un chanteur formidable, comme il y en a tous les 50 ans. Il joue avec tout le monde.

C’était le suppléant de David Coverdale au Whitesnake.

Il est capable de tout chanter, du DIO, du AC/DC, il a un ambitus vocal monstrueux, une voix d’une chaleur extraordinaire.

J’ai découvert récemment Angra et j’adore, parce que ça chante, ça joue, c’est génial. Et I Preveil.  Je n’aime pas le chant en tant que tel mais j’aime l’énergie du groupe.

Olivier : J’écoute le nouveau John Fogerty, Machine Head, Lamb of God, Judas Priest, le dernier Robert Plant.

Y a‑t‑il un projet qui vous tient particulièrement à cœur, que vous rêveriez de concrétiser et qui n’a pas encore vu le jour ?

Olivier : Jouer au Wacken. Jouer au Waken. Jouer au Waken.

Christian : Jouer au Québec et Amérique Latine.

Olivier : Oui, au Québec. C’est un vrai projet, mais qui est compliqué.

Merci beaucoup

Merci à toi

credit photo Nidhal Marzouk

ENGLISH VERSION

Since its reformation in 2019 around its emblematic singer Christian “Zouille Augustin, SORTILEGE has moved forward with an intact determination and breathes an exciting second wind into its repertoire. Carried by a solid line-up composed of experienced musicians, the band fully asserts itself in the present, while keeping a proud eye on the future and a deep respect for the foundations – and the anthems – that have forged its legende.

Considered as one of the major bands of the French metal scene of the 80s, THE Heavy Metal band made in France, Sortilège remains one of the few to have succeeded in such a successful transition to new horizons, without denying its identity.

After the release of their excellent album “Le poids de l’âme” out on 21.11.2025, the first half of 2026 was particularly intense with a lot of concerts including a series of three concerts with Saxon  as guests in the Zeniths of Toulouse, Nantes and Paris, a remarkable comeback to Hellfest, and a summer tour festival tour that is currently continuing.

On August 28, the French band will also offer a new re-recorded version of its mythical album Larmes des Héros (originally released in 1986). An ideal opportunity for fans of the first hour as well as for newcomers to rediscover this legendary classic.

Some time ago, I had the pleasure of exchanging with Christian “Zouille Augustin (vocals) and Olivier Spitzer (guitar). A nice encounter that opens the doors to the world of Sortilège : the music, of course, but also the stage, the style, and many other facets that makeup the identity of the group.

Discover our interview.

For readers who would like to discover Sortilège, could you give a brief portrait of the band as it exists today?

Christian : So we can say that the only character from “40 years of experience” is me, Christian “ZouilleAugustin, the singer of the band. Then there is Olivier Spitzer, the band’s composer and artistic producer, Michaël Zurita, who is our new guitarist, who replaces Bruno Ramos, who left us in May 2025. And there is Sébastien Bonnet, the bass player, and Clément Rouxel, the drummer. And we play melodic metal with real choruses and lyrics in French.

Olivier: Our music is a mix of heavy and power in French.

Since your reunion in 2019, you have already released a series of albums — Phoenix, Apocalypso, a live album, and Le Poids de l’Âme released on November 21, 2025. We really have the impression that everything is accelerating for you, that there is a real creative momentum. How do you explain this?

Christian: I would say that we are reaching the finish line: our generation, we are not going to last another twenty years, that’s the reality.

We want to try to do as many things as possible before the end of a group because we won’t last forever, unfortunately.

What motivates us now is the desire to meet the public more and more. The audience is our real source of energy.

Even before the studio album, the most important thing for us is the stage: playing, sharing, meeting the fans. This is what remains the most important.

How is your communication organized on a daily basis? Do you exchange files via email, mobile phones, or do you work otherwise?

Olivier: No, we see each other all the time. We live close to each other, so we rehearse continuously to be as precise as possible about the repertoire. And then there are always new songs that come up, or old ideas that resurface. We’re in permanent fusion; it’s bubbling up all the time.

And then, we record at my house. I have a studio that I built about twenty years ago, totally functional. It’s a small space, so you don’t record the drums there, but for vocals, guitars and a few extra elements, it’s perfect.

For the drums, we go to big studios. Once they are recorded, we take all the pre-models and redo everything according to the final batteries. That’s why an album takes time: you need at least two months of re-recording, then another good month of mixing.

Your latest album is called the track “Le poids de l’âme”. Can you explain the title to us a little?

Christian: It’s the story of Anubis. In Egyptian mythology, Anubis is the guardian of death, the one who decides whether the soul goes to hell or to heaven.

The theme is the ritual where Anubis weighs the soul — in other words, the heart of the person. He places a feather on the other stage: if the soul is heavier, it’s off to hell. If the balance is achieved, then he gives you the famous ankh key, this golden key that opens the way to eternal life.

It’s really the visual side that pushed us to make it the title of the album: as you can see, the cover is superb, something extraordinary. With this Egyptian universe, the sets, the hieroglyphics… As we have been immersed in this for a long time, it was obvious.

What do you think was the main challenge in making this album?

Olivier: There were several stages. First, we had to decide to do it. The biggest challenge was everything we went through after the tragedy of Bruno’s death, added to some business aspects that weren’t going as we would have liked. At one point, we really asked ourselves: what’s the point of continuing?

We lost one of the founding members of the group. It was progressing, but not enough to make a living from it, let’s be honest. So, the real question was: what still motivates us? We had to find this motivation again. Once we got it, the rest followed: we’ve been working together for five years, we’re used to it. When you put a part in the jukebox, you work on it: planning, organization, process… everything is on point.

But the hardest part is the decision to leave. Sort through the demos, say to yourself: “OK, this can become an album.”

It was the first stone, and it wasn’t easy. The two previous albums had an implacable logic: re-record the historical tracks in Phoenix, then release an album of compositions.

Now, bouncing back after all that was more complicated. It was painful…

You had already collaborated with Michaël Zurita before. Did the idea of asking him to join the band come right away?

Olivier: Yes, it was one of the most obvious choices. For all the reasons you mentioned, and especially for the human aspect: we knew him well. We needed someone gentle, someone capable of absorbing our sometimes vehement side. In the face of our energy, we need people who know how to welcome ideas, discuss them, reject them or adopt them with simplicity and calm. This is the case for Michaël, as well as for Sébastien and Clement.

You’ve been touring a lot lately in France but also abroad: Portugal, the Czech Republic, Germany, Poland… You sing in French, but obviously it works very well.

Christian: It’s incredible: everywhere you go, people know the lyrics by heart — phonetically, of course. We played in Greece, Sweden, Germany… countries where French is not at all obvious, and yet they sing everything. It’s crazy. And then we find the old fans, but there is also a whole new generation coming up.

You have seen the faithful of all time, but also a new wave that is coming. How did you interpret this new generation of fans?

Olivier: It often happens at festivals where people come to party.

We’re on the line up and we’re very involved in what we’re doing: some don’t know us yet, but they quickly get seduced by the chemistry between Christian’s lyrics and melodies, the music, and the energy that the band gives off on stage. We have built this impact thanks to the people we work with.

“The audience is our real source of energy”

It was important at the European level that we knew how to position ourselves with a quality of impact that was equivalent to Grave Digger or Praying Mantis, bands that have been touring for 20, 30, 40 years.

This formula of Sortilege was only 4-5 years old but we had to be able to present a show that was up to what these people were presenting. So you had to hold your own and it was a real challenge.

Now that we know how to do it, we are able to do it anywhere in France or abroad.

Sortilège at Zenith de Paris 17/05/2026

Let’s talk fashion : Do you have a special rock outfit for the stage?

Christian: Pants with zippers, studded cuffs, a black T-shirt… It’s classic, but it can also be something else entirely. For example, a frilled shirt, a waistcoat, a little leather… There will always be this rock touch in my outfits. On stage, it has to be comfortable, of course, but with a theme too.

Olivier: On stage, you need a minimum of costume. I wouldn’t be comfortable arriving dressed in any way.

Christian: A concert is a ceremony for me. You don’t go to a ceremony dressed in jogging pants. We have to respect the public who come to see us.

Olivier: And then we’re quite sporty on stage, so we need tight pants but not too much, shoes that are stylish but not too heavy, to be comfortable in our t-shirts. We move so much so it has to be comfortable. There are few chains, a few nails.

If we had more money, we would invest more — for example, in custom-made pants, like the ones created by the designer of Judas Priest, which I would like very much. But for the moment, putting 400 or 500 euros in a pair of pants for the moment is a no!

Let’s go back to your beginnings, what made you want to make music?

Christian:  Bands I listened to at the time. For example, there is a French group called Variations formed in the 60s.

Olivier: It’s the first French hard rock band.

Christian: Yes, I was 14-15 years old and I went to see them at the Olympia. It was one of the first groups with guys with curly, blond hair, with extraordinary microphones. I said to myself “this is what I want to do”.

After that, I started listening to Alice Cooper, Uriah Heep, Deep Purple, etc.

And then I had a voice, I was born with a voice, fortunately. I also played drums a little for fun, and then one day in the band I was playing in, the singer got sick, and the guitarist said to me “do you know how to sing?” “Oh yes, I know but I couldn’t beat at the same time.” And he told me “it’s okay, I’ll find a drummer, but I need a singer.” We did covers of the Rolling Stones. I took the microphone and then the guy said: “You don’t beat anymore, you’re still a singer.” It started like that.

Olivier:  It’s a bit the same for me but it’s another band: The Sensational Alex Harvey Band. They had a side of make-up a bit like Kiss and extraordinary clothes. I saw him on stage, it was electric and I said I’ll play this. I was 13 or 14 years old.

What do you think the future holds for music with the rise of artificial intelligence? We are seeing more and more projects created entirely by AI. Do you think that music made by real musicians is in danger of disappearing little by little, in favor of these artificial productions?

Olivier: Disappear? No, but there is a competition between Human and AI.

Christian: There will be more and more AI anyway for composition, that’s obvious. It’s so easy and so simple to make.

But, it still lacks the human aspect that we feel when we listen to music that has been made in AI. You can feel that it’s done by a machine. There is a lack of warmth, something is missing. But the problem is that it’s exponential: AI is advancing every year.

And in ten years, in my opinion, maybe even before, I think she’s going to be at the same level as a human composer. So that’s scary.

Olivier: I’m not afraid and I clearly don’t want to.

I don’t want to deal with AI. I enjoy composing on my own. Maybe I have fewer ideas than the AI could provide me, but I prefer my own little ideas that come out of me, that’s my pleasure. Connecting with an idea giver is not my thing.

Now, it exists and it will be bigger and bigger as Christian said.

The stage will remain but. But hey, you never know, holograms, ABBA did it, KISS will do it.

What are you listening to at the moment?

Christian: I’m a fan of a boy called Dino Jelusić. It is monstrous. He’s a great singer, like there are every 50 years. He plays with everyone.

He was David Coverdale’s backup at the Whitesnake.He is able to sing everything, DIO, AC/DC, he has a monstrous vocal range, a voice of extraordinary warmth.

I recently discovered Angra and I love it, because it sings, it plays, it’s great. and I Preveil.  I don’t like the vocals as such but I like the energy of the band.

Olivier: I listen to the new John Fogerty, Machine Head, Lamb of God, Judas Priest, the latest Robert Plant.

Is there a project that is particularly close to your heart, that you would dream of making a reality and that has not yet seen the light of day?

Olivier: Playing at Wacken. Play Waken. Play Waken.

Christian: Playing in Quebec and Latin America.

Olivier: Yes, in Quebec. It’s a real project, but it’s complicated.

Thank you

Credit Photo : Nidhal Marzouk