Rock ‘N’ Roll and Protest Songs – A Conversation with The Last Internationale

Une voix hallucinante- Delila Paz, des riffs bruts et saturés – Edgey Pires, le duo new yorkais The Last Internationale perpétue la tradition des protest songs à travers un blues rock explosif et furieux et des textes puissants et engagés.

Après un 1er album, We Will Reign, sorti en 2014 et une très mauvaise expérience chez Epic records, le groupe retrouve son indépendance et sort en février 2019, Soul on Fire,un superbe album autoproduit (dont, je vous ai déjà parlé ici) sur lequel Joey Castillo (Queens of The Stone Age) assure la batterie et Tom Morello (Rage Against The Machine, Audioslave, Prophets Of Rage) est producteur exécutif.

J’ai eu le grand plaisir de rencontrer Delila et Edgey, il y a quelques semaines à Paris et nous avons évoqué leur débuts, l’écriture de Soul on Fire, la période difficile qu’ils ont traversé, le rock et les protest songs, leur fashion style et plein d’autres sujets.

Découvrez l’interview et venez les voir en concert – ils sont de véritables boules d’énergie sur scène.

Voilà les dates françaises :

21/02 – Le Fuzz’Yon, La Roche Sur Yon

22/02 – Le 106, Rouen

25/02 – 1999 Club, Paris

26/02 – La Laiterie, Strasbourg

****

09/06 – Paris / AccorHotels Arena ~ Bercy (1ère partie de Kiss)

19/07 – Lollapalooza / Hippodrome Paris Longchamp

Comment ça va ? Vous arrivez de Lisbonne. Avez-vous enregistré quelque chose là-bas ?

Delila: Oui, j’ai chanté quelque chose pour l’album de The Legendary Tiger Man dans son studio.

Vous avez aussi enregistré votre album au Portugal

Delila: Nous l’avons enregistré à Porto. Nous avons aimé le studio et João Brandão, notre ingénieur, travaille là-bas. Nous avons adoré ce studio. Il a une ambiance particulière. Donc, nous avons fini par faire beaucoup de choses là-bas.

Parlons un peu de vos débuts, comment vous êtes-vous rencontrés et comment avez-vous décidé d’écrire de la musique ensemble ?

Edgey: On vivait près l’un de l’autre et on se montrait aux mêmes endroits car je suppose qu’on avait des opinions similaires sur le monde. C’était dans une manifestation de rue ou dans un rassemblement, une marche, dans d’un café ou dans un concert. On s’est entendu tout de suite car elle écoutait beaucoup de roots rock qui n’était pas très populaire dans nos cercles. Le hip-hop est roi d’où nous venons. On a découvert Woodie Guthrie en même temps.

Delila: Je pense que le courant est passé car on était étions tous les deux en train de découvrir les mêmes artistes. On continuait à remonter dans le temps et on découvrait des artistes incroyables. Ce qu’ils disaient dans leur musique était si représentatif pour l’époque et avait un sens si profond. Cette musique était liée aux gens, aux gens ordinaires. C’était ce que nous voulions faire.  

Edgey: Moi, j’étais en train de flipper. Qu’est-ce que c’est que ça ? Pour moi, c’était du hip hop avec des instruments. C’était wow ! Le rock qu’on connaît à l’exception de quelques groupes comme Rage Against the Machine, qu’on aime beaucoup, n’était pas comme ça. Ce n’était pas comme le rock des Rolling Stones. C’était plus comme du hip hop mélangé au rock. Je n’avais pas entendu cela dans le rock moderne. Ce n’est pas ça, le rock. Au moins, ce n’est plus le cas maintenait. Donc, à partir de ce moment, tout était devenu clair pour nous. On voulait faire partie de cette tradition.

Dès le début, vous avez écrit de protest songs. Politique, abus de pouvoir, pauvreté, environnement. Il y a beaucoup de choses abordés dans votre musique. Quel est le message que vous voulez transmettre aux gens ?

Delila: Je pense que c’est un message global. C’est difficile de dire une seule chose. On voulait être une voix, pas la voix du peuple, mais nous voulons représenter ce qui se passe. C’est pourquoi notre musique est en constante évolution. Chaque chanson est différente. On vient d’écrire une chanson et on a commencé à la jouer live aussi qui s’appelée Running for A Dream. C’était la réponse à ce qui se passe à la frontière des États-Unis avec le Mexique, de ce qu’ils font aux enfants. On est toujours du côté du peuple. Donc, dans cette chanson, on parle d’une personne, n’importe quelle personne qui cours derrière un rêve.

Edgey: Cette chanson est l’une des 2 dernières chansons que nous avons commencé à jouer live. L’un est Freedom Town, un bonustrack sorti pour le nouvel album et l’autre est Running for A Dream qui n’est pas encore sorti. Les deux traitent de questions similaires : le rêve américain. Elles attaquent vraiment le rêve américain. L’un des vers que j’aime dans la nouvelle chanson est “Il n’y a pas de liberté passé la frontière”. C’est écrit du point de vue de quelqu’un qui essaie de traverser illégalement aux États-Unis, mais quand vous arrivez ici, c’est vraiment tout est fissuré. C’est un peu briser l’illusion du rêve américain dans lequel de plus en plus de gens se réveillent tristement.C’est triste que nous ayons eu ce rêve depuis si longtemps et nous avons pensé qu’il était réel. Mais ce n’était pas le cas.

Toute cette illusion a été brisée, ce qui est bien – c’est le premier pas vers la libération. C’est ce que nous essayons de faire avec notre musique, pousser cette réalité encore plus.

Vous avez travaillé avec Tom Morello en tant que producteur exécutif. Comment a-t-il influencé votre musique ?

Delila: Il a toujours été comme la voix de la raison et aussi, il nous a aidés à éclaircir les choses dans nos  têtes. Il nous a aidé avec l’écriture des chansons. Tu sais, écrire utile et simple. Il nous disait Il suffit d’utiliser votre puissance rock intérieure.

Edgey: Il nous a aussi aidés avoir une vue d’ensemble et pas se cantonner à des petits problèmes. Il est expert en gestion de crises, parce qu’il est dans un groupe de rock depuis si longtemps et il connaît les gens de l’industrie. Il a également été signé à Epic records; nous avons été signés à Epic records … et c’était mauvais… pendant ces 2 années, je perdais la tête. Imagine ce qu’il traversait, traitant avec des labels, des compagnons de groupe, des amis, etc. Toute cette expérience, il nous a transmis ses connaissances.

Soul On Fire est sorti il y a un an – Quand avez-vous écrit cet album ? Avez-vous des souvenirs spéciaux pour certaines chansons ?

Delila: L’album a  été écrit pendant des mois et des mois. Donc, chaque chanson est différente. Certaines chansons ont été écrites quand nous étions en train de se faire expulsés de notre appartement. Les affaires de notre appartement disparaissaient au fur et à mesure. On devait vendre des choses pour payer de la nourriture et des trucs. Le canapé avait disparu, le réfrigérateur avait disparu. 

Edgey: Oui, on était foutus. J’adore cuisiner, mais je ne pouvais plus réfrigérer les choses. On a dû trouver comment manger sans réfrigérer la nourriture.

Delila: Certaines chansons ont été écrites quand nous étions sur la route. Puis Need Somebody a été écrit en studio avec Joey Castillo à la batterie. On l’a juste capturé en live.

Edgey: ah oui, cette chanson c’était de la folie. Ils ont juste pressé le buton record. Nous n’avions aucune idée de ce que nous allons faire. La chanson n’avait pas été écrite et nous l’avons écrite. On a pensé qu’on va passer 5 heures juste pour voir ce qui s’est passé. Je ne comprenais rien et j’étais très stressé. Delila suivait Joey avec sa voix, Joey la suivait et moi, j’étais au milieu à suivre les deux. Quand nous étions à mi-chemin bam, elle change la voix et Joey change les fûts. Je pensais que ça va partir en vrille à tout moment et on ne va jamais finir la chanson. Mais on l’a fait. C’était du délire. ça ne m’a jamais arrivé de ma vie. C’était quelque chose unique et on ne l’a pas filmé.

Hard Times– l’avez-vous écrit dans cette période difficile avec l’appartement ?

Edgey: c’était la première chanson qu’on a écrit avant même que toute cette merde n’arrive. Bon, on avait déjà de problèmes.

En fait, j’ai l’impression que cet album ressemble plus à une découverte de soi. Ce disque a été écrit à l’époque où nous avions besoin d’aide, nous avions besoin d’une d’intervention et personne n’intervenait.  On était à Los Angeles, on ne connaissait plus personne. Tout le monde avait disparu ou ils s’étaient évanouis dans la nature. On avait été mis à l’écart, on traversait une crise existentielle.

Des nombreuses fois on avait été hospitalisé ou presque hospitalisé. Je pensais vraiment que c’était fini. Je perdais mon esprit et je ne sais pas quoi faire. Je me regardais dans le miroir pendant des heures et je tirais sur mon visage, ma peau. J’avais perdu les pédales et J’avais besoin d’aide. Et je pense qu’à ce moment-là, l’écriture de la chanson nous a aidé.

J’étais mal et j’étais psychologiquement foutu. Et ce n’était pas physique du tout. Les gens ont déjà été expulsés d’appartements. Ce n’est rien. C’était le fait d’être réprimandé et rabaissée pendant si longtemps. Vous atteignez un point d’ébullition et vous voulez juste exploser. On pouvait finir dans la violence ou dans un album.

Plusieurs fois, j’ai failli basculer dans la violence et elle m’a dit que cela ne valait pas la peine et qu’il faut se concentrer sur la musique. J’étais un peu bloqué sur la vengeance. Il y a une citation de Marc Aurèle « La meilleure façon de se venger d’un ennemi c’est de ne pas lui ressembler ».

Comment écrivez-vous habituellement ensemble, musique ou paroles en premier ?

Delila: C’est toujours différent, mais la plupart du temps, je commence à jouer quelque chose et j’ai le feeling où on doit aller de point de vue mélodique. Donc la mélodie passera en premier. Ensuite, il est plus facile d’écrire quand tu as un concept et tu sais ce que tu veux dire. Si tu as vraiment quelque chose à dire, les paroles viennent très vite.

Edgey: Mais le contraire arrive aussi. Parfois, nous n’avons rien à dire et bam, nous écrivons une chanson entière. L’autre fois, j’ai démarré la caméra car elle faisait quelque chose cool, alors je lui ai dit juste de continuer à faire ce qu’elle faisait et une chanson entière a été écrite en 5 minutes.

Delila: Si tu te forces à faire quelque chose, quelque chose va sortir. C’est juste que tu ne te rendais compte que c’était là. Nous n’avons pas une méthode définie pour écrire une chanson et je pense que c’est une bonne chose car nous sommes capables de manœuvrer et de faire des chansons de différentes façons.

Edgey: Je ne sais pas si notre écriture de chansons est différente des autres personnes car je ne sais pas comment les autres font. Nous avons fait 2 sessions de songwriting et c’était différent de la façon dont nous le faisons. Nous le faisons peut-être à l’envers mais cela fonctionne et nous ne voulons pas le remettre en question ou d’analyser.

Nous n’écrivons pas à partir d’une confiance. Ce n’est pas comme si j’étais confiant, hey, je suis un bon auteur-compositeur. C’est le contraire. C’est plutôt hey je suis nul et je devrais être un meilleur auteur-compositeur. C’est comme quelqu’un avec une faible estime de soi essaie, se bat pour sortir quelque chose. Et parfois, on est fiers. Comme par exemple, je suis fier de la chanson Soul on Fire qui a été écrite quand nous avions une très faible estime de soi. On a pensé que cette chanson était nulle. Et je pense que cet état d’esprit était nécessaire pour cet album, car ensuite je senti que je valais quelque chose.  

Delila: Oui, nous pensons que la musique nous a vraiment guéris.

Nous avons formé ce groupe dans le but de guérir les gens et de changer l’humanité.

Nous voulons que les gens ressentent quelque chose quand ils écoutent notre musique. Nous voulons changer leur vie et leur dire de changer les vies des gens autour. C’est notre objectif.

Edgey: on a regagné la confiance car on est fiers de cet album. On n’a pas fait l’album pour le bien de l’art non plus, on n’a jamais été comme ça. Il ya beaucoup de groupes qui font du rock pour le rock. On n’a jamais fait ça. On a formé ce groupe dans le but de guérir les gens et de changer l’humanité. On veut l’utiliser comme un outil de transformation, plutôt que seulement pour faire profiter les rockers. C’est important aussi, mais nous voulons que les gens ressentent quelque chose quand ils écoutent notre musique. Nous voulons changer leur vie et leur dire de changer les vies des gens autour. C’est notre objectif.

Delila: Je pense que lorsque on se concentre là-dessus, les autres choses deviennent moins importantes, comme l’aspect commercial des choses. Ça n’a plus d’importance, c’est notre mission qui compte. C’est presque comme je veux changer le monde, tu dois le faire alors. Même si vous ne changez pas le monde tant que vous l’avez dans votre esprit cela vous aidera à faire partie de quelque chose.

Edgey : C’est un bon point en fait. Si tu as une mission comme par exemple se débarrasser du capitalisme – que ce que nous voulons avec ce disque, on s’en fiche de label est mis sur ce disque. Je veux une plus grande mission ici et si vous n’êtes pas avec nous allez-vous en.

C’est la mentalité qu’on a eu pour Soul on Fire. On n’a pas recherche d’un contrat.  C’était plutôt – voilà nous sortons un album, vous le voulez, êtes-vous dedans, faisons-le maintenant sinon nous allons tripler ou quadrupler le prix plus tard.

A propos de l’impact de votre musique. Pensez-vous que les song protest sont encore importantes en Amérique ou partout dans le monde ?

Delila: Oui, plus que jamais. Et certainement pas moins que c’était dans les années 60. Je dirais la même chose ou plus. Parce que ce qui se passe à l’extérieur, c’est partout dans le monde, dans chaque pays, chaque ville – les gens sortent pour revendiquer chaque petite chose.

Tu vois ça tous les jours. Si vous aviez une horloge qui vous dit quand quelqu’un proteste dans le monde en ce moment, il va biper non-stop.

On a regardé simplement la liste des groupes à Woodstock. Il était tous cités et appelés comme des groupes politiques ; mais ils ne se revendiqué pas comme groupes politiques. Creedence Clearwater Revival est l’un d’entre eux, avec des chansons comme Run through the Jungle ou Fortunate Son.

Edgey: Oui, tous comme Jefferson Airplane ou Janis Joplin, Richie Havens. Richie Havens a écrit cette chanson Freedom sur scène. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Si nous parlons de protest songs si nous nous limitons au rock, le rock fait très défaut. Le rock n’est pas dans l’air du temps. C’est dépassé. C’est dans le hip hop qu’on trouve les protest songs.

Les groupes de rock se plaignent tout le temps de la façon dont le rock devrait faire son retour. Les groupes de rock adorent accuser tout le monde sauf eux-mêmes. Oh, si nous n’avions assez de médias, on ne passe pas suffisamment de radio. Quand est-ce qu’il ya eu besoin de ça ?

Quand le hip hop a eu besoin de la radio surtout dans les années 70 et 80 ? Ils n’en avaient pas besoin.

Donc, Il faut se remettre en question si vous voulez que le rock soit de retour. Il suffit de faire de la meilleure musique.

C’est ce que nous voulons faire. Il est temps de faire de la meilleure musique. Après Soul on Fire, nous avons besoin d’un album meilleur. Jusqu’à ma mort, je dois faire de meilleurs disques. On ne peut pas regarder en arrière. Pink Floyd The Wall est fantastique, où est la musique comme ça en ce moment ?

Delila: On ne catégorises pas ces groupes des politiques, mais ils ont des chansons qui pourraient être considérées comme politiques, ils pourraient être chansons de protestation ou tout simplement liés à ce qui se passe dans le monde.

Edgey: ça s’était il y a longtemps. Où font les nouveaux groupes ? Je ne dis pas que ce n’est pas là. Je ne veux pas être pessimiste. Mais juste que le rock n’est pas connu pour cela, ce n’est pas une culture. Ce n’est pas une culture de se soutenir les uns les autres, d’être avec les gens. Ce n’est plus une culture de rue. Le hip hop, c’est la culture de rue.

C’est ce que nous voulons faire, c’est que nous voulons changer.

Si vous allez faire une collaboration avec un groupe qui sera votre préféré ?

Delila: J’aime Gary Clark junior. Son album This Land. J’aime la façon dont il écrit ; J’aime les paroles. Ça sera génial de faire un collab avec lui.

Edgey: Pour moi, la collaboration de mes rêves c’est déjà arrivé sur scène quand j’ai été pris en sandwich entre Tom Morello sur ma gauche et Wayne Cramer de MC5 sur ma droite et ils ont dit ok Edgey fait ton solo,  j’étais comme quoi? C’était de la folie, c’était un rêve.

Et si je pense à une collaboration dans le studio, je voudrais connecter plusieurs générations de musiciens. Par exemple, Patti Smith, Tom Morello, nous, Kendrick Lamar, bam une chanson. Je pense qu’il devrait y avoir plus de collaborations intergénérationnelles. Neil Young avec un groupe des années 90, un groupe d’aujourd’hui et un de demain.

Parlons un peu de la mode : que pouvez-vous me dire sur votre style. Comment choisissez-vous votre tenue sur scène ?

Delila: J’aime choisir une tenue dans laquelle je me sens bien et qui me permet de plier mes genoux, sauter et sauter sur quelque chose, voilà les critères. Et aussi une tenue facile à vivre, parce que sur la route je prends souvent que 2 -3 choses avec moi.

Et ça doit être aussi un peu flashy, car je veux me sentir une petite diva là-dedans. Ça doit être aussi terre à terre. Je dirais que mon style est Down Earth Diva.

Edgey: Je n’ai jamais aimé la mode. J’ai toujours été contre. L’industrie elle-même est très élitiste et la mode intrinsèquement implique quelqu’un qui est un créateur de tendance ou le leader et les autres ont été laissés de côté en essayant de le rattraper. Je n’ai jamais aimé ce concept. Donc, quand je m’habille, je ne pense jamais à oh c’est populaire ou c’est in.  Je ne me suis jamais soucié de cela.

Après Epic je ne pouvais rien acheter… donc tous les vêtements que je portais datait d’avant. Je portais le même jean tous les jours, j’avais des trous là-dedans. Maintenant, enfin dans les dernières années, on était dans une meilleure situation financière et on pouvait se permettre d’acheter des vêtements. Donc, je peux me faire plaisir avec quelque chose que j’aime. Mais, bon je n’ai jamais essayé d’être à la mode.

Avez-vous quelque chose que vous prenez toujours en tournée avec vous ?

Delila: Des Pins. J’en ai beaucoup. Et mes boots aussi. Mais je ne les ai pas pris maintenant avec moi. Je les ai laissés à New York. 

Edgey : J’ai toujours ma guitare. J’aime apporter des livres sur la route. En fait, j’ai l’impression que pendant les tournée mes sens s’intensifient et ma capacité est de prendre des décisions rationnelles diminue. Surtout si tu es entouré par des personnes qui ne sont pas très stables mentalement parce que nous avons tourné avec beaucoup de gens qui n’étaient pas stables mentalement. Après un certain temps tu commences à devenir fou et tu commences à perdre ta capacité à rationaliser.

Donc, avoir des livres de philosophie avec moi m’aide à rester rational et garder les pieds sur terre. Je peux voir comment les phrases sont structurées, où on met le point, comment les gens forment leurs conclusions et tout le processus pour y arriver. Sinon, sur une route, je commence à me transformer en homme des cavernes et je ne veux pas être réduit à cela.

Quel serait votre premier souvenir musical ?

Delila: Écouter Bob Marley quand j’avais 3 ans. Et avoir une réaction vraiment folle en écoutant sa voix. Je me souviens que j’avais l’impression de planner ou quelque chose comme ça. J’ai été hypnotisé par sa voix et sa musique. Et de ne pas comprendre ce qu’il dit.

Edgey: Je ne sais pas quelle était mon premier, mais un souvenir très vif était quand j’ai vu une guitare en vrai pour la première fois. J’avais 3 ans aussi. Et le gars qui avait la guitare a dû partir et je n’ai jamais vu une guitare des années après ça. J’étais fou où est cette boîte qui faisait du bruit ? Je veux ce truc.

Et quand as-tu commencé à jouer de la guitare ?

Edgey: Il n’y a pas eu un vrais début.  J’ai eu beaucoup d’influences en grandissant à New York. Le hip hop dominait tout. J’ai commencé avec les Beatles et les Stones et des trucs comme ça, mais au lycée, c’était juste du hip hop et je suis content parce que j’ai eu beaucoup de pratique avec l’écriture et les mots.

Alors, quand le temps de faire du rock est venu, on avait une base. Quand il s’agit de paroles, le rock était facile parce que le revers dans le rap est comme 3 ou 4 pages parfois. Dans le rock est de 2 ou 3 lignes – qu’on répète encore et encore. C’est pourquoi sur notre premier album il y a beaucoup de vers. Pour le deuxième, on a essayé de se retenir un peu parce que nous devenons ennuyeux mais je suis heureux que cela s’est passé de cette façon.

Delila quand tu as commencé à jouer à un instrument ?

Delila: J’ai commencé avec la guitare, puis j’ai appris le piano. La basse est venue par nécessité parce que nous allons partir en tournée dans quelques semaines et notre bassiste est parti. Nous n’avions personne et j’ai dit ok. Je vais jouer, je vais le faire. Je me suis entraîné tous les jours et enfin après quelques semaines, je pouvais jouer et chanter en même temps. Il m’a fallu un certain temps pour être en mesure de le faire. Et j’aime toujours revenir à des différents instruments comme le piano. J’adore jouer de l’harmonica aussi.

Edgey: C’est son timing, sa synchronisation vocale qui est unique. C’est pour ça qu’elle a pu l’apprendre. Même avec le chant, c’est le timing. C’est ce que Brendan O’Brien nous a tout de suite pris. Il a dit qu’il voulait travailler avec nous. Il a dit il y avait un moment qu’il n’avait pas entendu une telle voix. Depuis la musique soul dans les années 50.

Donc, depuis, je remarque que c’est une façon bizarre de chanter, le placement, le phrasé.

C’est étrange, tu peux l’entendre mieux en live, si on enregistre un concert live. Et quand elle ne joue pas à la basse, c’est encore plus flagrant. Si tu essaie de suivre la voix tu peux te rendre compte. La façon dont elle chante c’est presque comme Eric Clapton joue de la guitare, c’est lent, dans le bon sens, comme un slow hand pour la voix.

Delila quand tu t’es rendu compte que tu as cette voix extraordinaire ?

Delila: Je chante depuis quand j’étais vraiment petite. Je ne sais pas si j’étais bonne, mais j’aimais chanter. J’ai été hypnotisé par les voix comme Bob Marley. Je me souviens avoir entendu Creedence Clearwater quand j’étais très jeune. J’étais et je le suis toujours obsédé par les voix. Je voulais juste chanter à mon plus grand potentiel, et je le fait toujours- essayer de me pousser au maximum surtout maintenant après qu’on soit sortis de chez Epic. J’ai regagné la confiance.

J’ai commencé du faire du classique à l’université et j’ai appris comment la mécanique de la voix fonctionne. Et maintenant si je chante, je ne vais pas me fatiguer. Je peux chanter pendant des heures sans me fatiguer. En fait ma voix devient plus forte, donc l’apprentissage a beaucoup aidé, en particulier sur la route.

Edgey: A propos de la technique du chant.  Chaque fois qu’elle entend quelqu’un qui utilise une mauvaise technique vocale, elle est comme oh, ma gorge me fait mal, je dois partir. Elle peut entendre si quelqu’un chante de la gorge plutôt que de l’abdomen et ça lui fait peur.

Vous allez faire une tournée en France. Quelle est votre sentiment ?

Delila: Oui, C’est la première fois que nous allons tourner en France .

Edgey: Nous sommes très excités par cette tournée en France. Le sentiment est un mélange d’excitation avec anxiété. Un peu d’anxiété parce qu’on a commencé enfin à faire de concerts sold out au Portugal et maintenant notre l’agent a doublé la capacité, donc on ne sait pas ce qui va se passer.

Nous n’avons pas encore fait de tournée en France, mais j’ai un bon pressentiment parce que nous avons été très bien reçus par les media donc, c’est une bonne indication qu’ils sont excités et ils vont passer le mot.

On vient d’apprendre que nous allons ouvrir pour KISS le 9 Juin et on va jouer à Lollapalooza à Paris cette été, donc c’est très excitant. Maintenant, on espère qu’on ne va pas tout foutre en air.

Merci beaucoup

English Version

A mesmerising mind -blowing voice – Delila Paz, huge raw and saturated guitar riffs – Edgey Pires, the New York duo, The Last Internationale perpetuates the tradition of protest songs through an explosive and angry blues rock and powerful committed lyrics.

After a first album, We Will Reign released in 2014 and a very bad experience at Epic records, the band regained its independence and released in February 2019, Soul on Fire, a superb self-produced album (which I’ve already told you about here) on which Joey Castillo (Queens of The Stone Age) drums and Tom Morello (Rage Against The Machine, Audioslave, Prophets Of Rage) is executive producer. 

I had the great pleasure to meet Delila and Edgey, a few weeks ago in Paris, and we talked about how did they start the band, the difficult period they went through, the writing of Soul on Fire, rock and protest songs, their style and more.  Check out the interview and come and see them live in France – they are real energy balls on stage. 

Here’s the French tour dates:

21/02 – Le Fuzz’Yon, La Roche Sur Yon

22/02 – Le 106, Rouen

25/02 – 1999 Club, Paris

26/02 – La Laiterie, Strasbourg

****

09/06 – Paris / AccorHotels Arena ~ Bercy (1ère partie de Kiss)

19/07 – Lollapalooza / Hippodrome Paris Longchamp

How are you? You arrive from Lisbon … did you record something there?

Delila: Yes, I was singing something on the Legendary Tiger Man record in his studio.

I think you also recorded your album in Portugal?

Delila: We recorded in Porto. We liked the studio and João Brandão, our engineer, he is the engineer there. We loved that studio. It has a special vibe. So, we ended up doing a lot of stuff there.

How did you meet and how did you decide to write music together?

Edgey: We live near each other and we kept showing up at the same places as I guess we has similar opinions about the world. It would be a street demonstration or a rally, a march, a coffee shop or a show. We connected right away as she was listening to a lot of roots music which wasn’t very popular in our circles there. Hip hop is king where we are from. We both discover Woodie Guthrie in the same time. It clicked and it was a natural evolution from there.

Delila: I think that we clicked on just the fact that we were both discovering artists. We were going back in time; we kept going back on time and discovering amazing artists, what they were saying and the music was so reflective of the time and has such a deep sense. This music was related to people, to regular people and the lyrics and everything we gravitated towards. We wanted to start like that as a foundation.

Edgey: We were bugging out. What is this? For me, it was hip hop just done with instruments. It was wow! The rock that we know with the exception of few bands like Rage Against the Machine, that we love, wasn’t like this. It wasn’t like Rolling Stones rock. It was more like hip hop mixed with rock. When we saw how far back, we went I was freaking out. I did not hear that in modern rock records. It’s not what rock is about. At least this is not anymore. It used to be. So, from that moment everything was just open up. The whole world was just like different from that moment on. We get to be a part of that tradition.

From the very beginning you wrote these protest songs. Your music talk about politics, poverty, environment issues. What is the message that you want to give to people?

Delila: I think it’s an overall message. It’s hard to say only one thing. You want to be a voice, not the voice of the people but we want to represent what is happening. That’s why our music is always evolving. Every song is different. We have one song that we just wrote and we have just starting playing it live called Running for A Dream. That was the response to what’s happening on the border in US, what they are doing to children. We are always taking the side of the people. So, in that song it’s like talking about a person. It can be any person running for a dream but that’s the basis.

Edgey: That particular song is one of the last 2 songs that we started to playing live. One it’s Freedom Town, released as a bonus track for the new album and the other one is Running for A Dream which wasn’t release. Both deal with similar issues, with the American dream and both songs really attack the American dream. One of the lines that I like in the new song is “There is no freedom pass the border line” so it is written from a perspective of someone trying to cross illegally into US but when you get here it really is it everything is cracked up. It’s kind of shattering the illusion of the American dream in which more and more people are sadly waking up, which is a good thing, but it’s sad that we had this dream for so long and we thought it was real. But it wasn’t.

All this illusion has been shattered which is good – it’s the first step to liberation and that’s we are trying to do with our music, push that reality even more.

Soul On Fire was released one year ago – you worked with Tom Morello as executive producer. How did he influence your music?

Delila: He’s always been like a voice of reason and also, he helped us to clear things up in our head. He helps us with the song writing. You know, write useful and simple. Just use your inner rock power.

Edgey: He also helped us to see the big picture. He is an expert in crisis management because he is in a rock band for so long and he knows the people in the industry. He was also signed at Epic records; we were signed at Epic records… that was bad… Just those 2 years I was losing my mind. Imagine what he was going through, dealing with labels, band mates’, friends, etc. All that experience…he has transmitted that knowledge to us.

When did you actually wrote Soul on Fire? Do you have special memories about some songs?

Delila: It was written throughout months and months. So, every song is different, some songs were written when we were getting evicted from our apartment. You know, things in the apartment were taking away as we were having to sell things to pay for food and stuff, couch has gone, the refrigerator was gone.

Edgey:  yeah, we were just fucked up. I love to cook but I could not refrigerate things anymore. We had to figure out how to eat without refrigerating food.

Delila: And some songs were written when we were on the road. Then Need Somebody was written in the studio with Joey Castillo on drums. We just capted it. It was live. 

Edgey: That was crazy. They just press record and we had no idea what we are going to do. The song was not written and we wrote it. We thought that this will be 5 hours just to see what’s happened. But no, bam press record that was it. I was like in a state of anxiety as Delila is following Joey, Joey is following her, I am in the middle following both. When we were in the half way thorough bam, she is switching up here vocals and he is switching the toms. I did understand what is happening. I thought that this will fall apart at any second and it’s no way to finish the song. But It finished. That never happen in my life. That was a one-time deal and we did not get it on video.

Hard Times– did you write it in this difficult period with the apartment?

Edgey: Actually, it was the first we wrote before all that shit happen. We were having already some problems. I feel like this record was more like self-discovery. I think that that record was written at the time when we needed help, we needed an intervention and no one was giving it to us.

We were in LA, we didn’t know anyone anymore. Everyone was just vanished. We were bugging ourselves out, going through a crisis, an existential crisis. There were many times when we were like either hospitalised or almost hospitalised. I really thought that this is it. My mind is been lost. I do not know what to do. I stared myself into mirror during hours stretching my face, my skin, I am bugging. I need intervention. And I think that in that moment the song writing help.

I was bad, I was psychological fucked up. And it wasn’t physical at all. People got evicted from apartments before. That’s nothing. It’s the psychology of it. It’s being berated and being put down for so long. You reach a boiling point when you just want to explode and you even can end in violence or in a record. And they were many times, I wanted the violent road and she said do not do it, it’s not worth it. Just focus on the music.

I was on revenge or something. There is a quote of Marcus Aurelius– “The best revenge is like not be like your enemy” so we took the positive road.

How do you usually write together – music or lyrics first?

Delila: That’s always different but a lot of time, I start playing something and I get the feeling of it, like where we should go melodically. Melody will come first. Then, it easier to write when you have a concept and you know what do you want to say. If you have something that you really want to say, the lyrics come very quickly.

Edgey: The opposite it’s been true with you also. Sometimes, we have nothing to say and bam, we wrote a whole song. It was just me turning on the camera as she was doing something cool, so I said to her just keep doing what you are doing. The  whole song was written in 5 minutes

Delila: Sometimes if you push yourself, like make yourself do something, something will come out. You just do not realise that it is there.

We haven’t had a set of writing a song and I think that’s good. We are able to manoeuvre and do songs in different ways.

Edgey:  I do not know if our song writing is different from other people as I do not know how they are working. Actually, we did 2 song writing sessions and it is different of how we did it.

I know we do it maybe in a backwards way or I do not know, but it’s working and we do not want questioning or guess it or even analyse it.

But with song writing I feel that we do not write from a place of confidence. It’s not like I am confident, I am a good songwriter. It’s the opposite. Like I am a piece of shit, I should be a better songwriter then I am. It’s like someone with low self-esteem just trying to get something out and fighting it. And sometimes, it is something that you are really proud of it. for example, I am proud of the song Soul on Fire and it was written when we had a very low self-esteem. We thought that we are a piece of shit but that is what was needed for that record and it make me feel like I am worth something.

Delila: yes, we think that music actually healed us.

We formed this band with a purpose of healing people and changing humanity. We want to use it like a tool for transformation, we want people to feel something when they hear it. We wanted to change their lives and tell them change all the people lives. That is the focus of our song writing.

Edgey: Yeah, we built our confidence as I am proud of this record. We do not put it out there for the sake of art either, we have never been like that. You know a lot of bands are like rockers for rock’s purpose. We never did that. We sort this band with a purpose of healing people and changing humanity. We want to use it like a tool for transformation, we want people to feel something when they hear it. We wanted to change their lives and tell them change all the people lives. That is the focus of our song writing.

Delila: I think that when we focus on that, the other stuff gets smaller like you know, the business side of things. It doesn’t really matter anything like have this mission. It’s almost, like a crazy machine too, like I want to change the world, you have to do that then. Even if you do not change the world as long as you have it in your mind will help to be part of something.

Edgey : The good point actually – that puts in all perspective. If you own a mission that involves like we getting rid of capitalism – that what we want with this record, do we give a fuck who the record label is put on this record. I want a bigger mission here bro, if you are not on our mission just get out.

That’s was the mentality on Song on Fire. We did not look for a record deal. There is a record that we are putting out, you want it, are you in, let’s do it now. Otherwise we are gonna triple or quadruple the price later. We had that mentality.

About the impact of your music. Do you think that protest songs are still important in America or everywhere in the world?

Delila: yes, more than ever. Definitely not less that it was in the 60’s. I would say the same or more. Because what’s happening outside it’s like everything, everywhere, every county, every city – people are coming out for every little thing.

You see this every single day. If you had a clock that tells you oh, someone is protesting that will be like the constantly on and it is everywhere in the world. We were just looking at the list of bands at Woodstock and we were going through the names. They were all like quote and call political but they are not calling themselves a political band. Creedence Clearwater Revival is one of them, with songs like Run through the Jungle or Fortunate Son.

Edgey: Yes, all of them like Jefferson Airplane or Janis Joplin, Richie Havens. Richie Havens wrote that song Freedom on stage. That is not happen today. If we are talking about protest music if we limit to rock, the rock is very lacking. Rock isn’t keeping up with the time. It is outdated. But if we are looking to the protest music from other genders like hop hop, there is plenty of protest music for you to choose from. Hip hop isn’t’ behind the times, there are setting trends and they are pushing forward.

Rock bands complain all the time about how rock should make a comeback. Rock bands loves to blame everybody but themselves. Oh, if we only had enough media, if we only had enough radio. When did you ever need that? when did hip hop need radio when they were coming out especially in the 70 and 80s? They did not need that. They created something great and they came to you. Def Jam started into dormitory.

We need to put the blame on ourselves, if you want rock to be back on the map be on the top of the 100 charts, make better music and don’ worry about the charts. You do not need them, just make better music and that’s what we want to do even for ourselves. It’s time to do better music, we need to stepped out. After Soul on Fire, we need a better record. Until I die, I need to make better records. Can’t look backwards.

Pink Floyd The Wall is dope, where is that right now?

Delila: We do not categorise those band-like political bands but they have songs that could be considered political, they could be protest song or just related with what is going on in the world.

Edgey: This has been doing for a long time ago. Where are the new bands doing that? That’s we want to do, that’s we want to change. I am not saying that that it is not out there. I do not want to paint the black picture here. But just that rock is not known for that, it’s not a culture. It’s not a culture of supporting each other and building each other up, and being the one with the people, or having street poetry. It’s not a street culture anymore. Hip hop is street culture.

If you will do a collaboration with a band who will be your favourite?

Delila: I like Gary Clark junior. His album This Land. I like how he is writing; I like the lyrics. I could be awesome to do a collab with him.

Edgey: For me, I think that it happened already as my favourite collaboration was live, when I was sandwiched in between Tom Morello on my left and Wayne Cramer from MC5 on my right and they were like ok, do your solo, I was like whaaaat?

That was nuts, that was a dream thing happen but in the studio. For a great collaboration, I would wanna connect all generation of music if I could. I would have Patti Smith, Tom Morello, us, Kendrick Lamar, bam a track, I’ll freak out!! I would not even know what to do and what would be the result. I think there should be more cross generational collaborations. Neil Young with a band from the 90s, a band from now and one from future.

What can you tell me about your fashion style? How do you choose your outfit on stage?

Delila: I like choosing the one I can move in, be able to go my knees jump up and jump on top of something, these are the criteria. And It can be lived in, as a lot of times I just take 2 or 3 things on the road. And it has to be a little flashy, so I want a little diva in there and has to be also down to earth. So my style is Down Earth Diva.

Edgey: I never liked fashion. I was always against it. The industry itself is very elitist and fashion is inherently implying someone who is a trend setter or leading and others were left out trying to catch up. I never liked that concept. So, when I dress myself, I never think of oh it’s popular or it’s in. I never cared about that but we go through ups and downs based of how much we got at the bank. After Epic I could not buy anything … so all the clothes I wore were from advance. I wear the same jeans every single day, I’ve got holes in there. Now finally in the last years, we were in a better financial situation so we can afford to buy clothes I like. But well, I never tried to be trendy or in fashion.

Do you have something that you always take on tour with you like, clothing, objects or whatever?

Delila: Pins. I also put a lot of them. And I always have my boots. But I do not have them, now with me I left them in NY.

Edgey: I always have my guitar. I like to bring books on the road to read. I feel like my senses get heighted but my capacity is making rational decision when I am touring is getting down. Especially when you are with other people who may not be mentally stable cause we’ve toured with a lot of people that weren’t stable mentally. They look normal after a while, so you start to become crazy and you kind of loose your ability to rationalize. 

So, having like philosophy books with me kind of ground me, as I can see how sentences are structured, where the period goes, how people form their conclusions and all process to come to it. As on a road I start turning to a cave man and I do not want to be reduced to that.

What would be your first musical memory?

Delila: Listening to Bob Marley, like really having a crazy reaction to his voice when I was like 3. I remember I had a feeling like I was higher or something. I was mesmerised by his voice and his music. But not understanding really what he is saying.

Edgey: I do not know which was the first one, but the very vivid one was when I saw a guitar in person. I freaked out. I was like 3 years old also. And the guy who had the guitar had to leave, he was visiting us for a day or something and I never saw a guitar like years after that. I was like that box that making noise, where is it? I want that thing.

And when did you start playing guitar?

Edgey: It was on and off, it was not really starting. There was a lot of influences growing up from New York, so hip hop dominated everything. I started with The Beatles and The Stones and stuff like that but in high school, it was just hip hop and I am glad for it because I got a lot of practice with writing and words. So, when it came time to do rock, we had a background.  when it comes to lyrics, rock was easy  in some ways because the reverse in rap is like 3 or 4 pages sometimes. In rock is 2 or 3 lines – you just repeat over and over again. That’s why on our first record there is a lot of verses.

For the second, record we are trying to hold back a little bit because we are getting boring with the verse but I am glad that happen in that way.

And you Delila when did you start playing guitar and bass?

Delila:  I actually started with guitar, then I learned piano. Bass came up of necessity because we were starting a tour in a few weeks and our bass player left, we had nobody and I said ok. I am gonna play, I am gonna a do it. I practiced every day and going through it and finally after a few weeks I can play and sing. It took a while to be able to do it. And I still love go back to different instruments like piano. I love playing harmonica.

Edgey: It’s her timing that’s unique. That’s why, she was able to get it. the timing. Even with the singing it’s all timing. That’s what Brendan O’Brien picked up right away. He said he want to work with us because when he heard her sing, there is a timing to the voice that he hasn’t heard since soul music in the 50s. I didn’t even think about and she was like, really, it’s an old timing, the way we are phrasing things. so, since then I am noticing that’s a weird way to sing, the placement. It’s strange, you can hear it more live. if we recorded live shows you hear it. And when she is not playing bass it come up even more. If you try to follow the vocals sometimes you can get right off the beat. The way as she sings it’s almost like Eric Clapton play guitar, it’s so off, in a good way, perfectly on , like a slow hand of voices.

When did you realize that you had such a great voice?

Delila: I sing since when I was really little girl. I do not know if I was good but I love to sing. I was mesmerised of voices. Bob Marley. I remember hearing Creedence Clearwater at a really young age. I was and I am still obsessed with voices. I just wanted to sing to my greatest potential, I am always trying to push myself in all that, especially now after we went to that whole Epic thing, I am getting the confidence back.

 I started like doing classical in college than I learned how the mechanics of the voice work and now if I sing, I won’t get tired. I can sing for hours and not get tired but actually get stronger, so learning that helped a lot especially on the road.

Edgey: I thought at the technic of singing.  Whenever she is hearing someone that use a wrong vocal technic, she is like oh, my throat hurts, I got to get away. As she can hear that someone sing from the throat rather from the abdomen and it freaks her out.

What is you’re feeling about the tour in France?

Delila: it’s the first time we are going to tour France.

Edgey: We are very excited about France. Feeling is a mixt of. It’s a little bit anxiety cause we started to finally to sell out theatres in Portugal, now the booking agent double the capacity. We can play like to a lot of people in our country, cross the border it’s little people. We haven’t tour France yet but I have a good feeling about that because we have been received very well by the medias here, so, it is a good indication that they are excited about us they will put a word out. We have just got the announced that we will open the KISS show on 9th of June, we will do Lollapalooza in Paris, we are headlining these concerts, so it is very exciting. Now, we just do not have to fuck it out.  

Thank you very much

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