Artist of the Month – Zeal & Ardor presents “Stranger Fruit” – Interview

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Boire beaucoup de café et avoir du temps libre, c’est le secret de la créativité épatante de Manuel Gagneux, l’homme qui se cache derrière le magnifique projet Zeal & Ardor.

En décidant de mélanger du blues, du gospel et de la soul à des musiques radicalement plus extrêmes comme le Black Metal, Manuel Gagneux s’est ouvert les portes d’un univers artistique où tout semble possible.

Devil is Fine, le premier album sorti en 2017 a généré un intérêt immense autour de cet artiste. Les excellentes critiques qui ont l’ont suivi ont alors permis à Zeal & Ardor de se muer en un véritable groupe live qui s’est produit à travers le monde entier.

Le deuxième album Stranger Fruit vient de sortir le 8 juin 2018 et la liste de concert à venir est tout juste impressionnante.

Chant obsédant et caméléonesque : hurlé et démonique ou chaud et bluesy, folie instrumentale, ambiance brutale ou douce et envoutante, un projet ahurissant qui repose sur le tallent et l’imagination de ce Américano-Suisse, qui aime les contrastes et combiner tout ce qui est complémentaire.

Guitares, pianos, orgues, électronique, un travail précis et minutieux digne d’un horloger suisse, des morceaux courtes et percutantes, enragés ou mélancoliques, mélanger le métal et les sonorités médiévale n’est pas une chose évidente mais rien n’est impossible pour Manuel.

Un projet bouleversant et captivant qui laisse libre cours à notre interprétation et nous permet de mélanger des visions, des pensées, s’immerger dans un monde étrange et voyager avec l’esprit et l’imagination.

Le racisme, l’oppression ou l’esclavage, des sujets qui font la force de cet artiste ancré dans la réalité, une musique avant-gardiste et dévorante qui permis à son créateur de se démarquer avec intelligence et de carrément inventer un nouveau style dans le monde du métal.

J’ai eu le grand plaisir de rencontrer cet artiste hors pair et j’ai appris pas mal de choses – interview avec un garçon super sympa qui n’est toujours pas habitué à sa notoriété.

Tu es de retour du Printemps de Bourges, comment était l’accueil du public Français ?

Manuel : Très bien, nous avons toujours passé des bons moments en France. Et au Printemps de Bourges, qui n’est pas un festival de métal, nous avons eu un accueil très chaleureux.

Qui est Zeal & Ardor?

Manuel : Je suppose que c’est moi, mais sur scène il y a 5 autres personnes qui partageant la scène avec moi.

Pourquoi Zeal & Ardor (Zèle & Ardeur) ?

Manuel : C’est ma façon de faire de la musique – avec zèle et ardeur, donc avec passion et détermination.

D’où viens-tu ?

Manuel : J’habite en Suisse. Ma mère vient de New York et j’y ai vécu quelques années. Mais maintenant, je suis de retour en Suisse à Bâle, la partie allemande.

Comment as-tu commencé ce projet ?

Manuel : Ça a commencé avec moi s’ennuyer dans un sous-sol. Si tu bois trop de café et tu as beaucoup de temps libre, il y a de idées étranges qui te traverse l’esprit.

Et le symbole ?

Manuel : C’est le sceau de Lucifer avec un Z et un A inséré là-dedans.

Stranger Fruit, ton deuxième album arrive rapidement après Devil is Fine sorti en février 2017, quelle est la principale différence ?

Manuel : Cette fois, j’ai eu beaucoup plus de temps pour travailler là – dessous et réfléchir à tout ce que j’aimerais faire écouter aux gens. C’est un album plus planifié et j’espère que les gens l’aimeront.

Pour Devil is Fine, j’ai fait tout, tout seul tandis que pour Stranger Fruit, j’ai eu l’aide d’un producteur Zebo Adam et le mixer Kurt Ballou qui sont des gars vraiment talentueux.

Ta musique est un mélange très original et inattendu de styles différents : black metal, soul, gospel, comment as-tu eu cette idée ?

Manuel : Strictement parlant, je dirais que ce n’est même pas mon idée. J’ai joué à un jeu gendres musicaux en ligne dans lequel tu as 2 suggestions pour faire une chanson en 20 minutes. Si une personne dit tango et une autre dit techno, tu dois faire un morceau techno tango.

Et un jour un gars m’a dit Black Metal et un autre gars a dit Black Music et j’ai trouvé ça intéressant. Alors, je l’ai fait et maintenant, je suis à Paris faire des interviews.

C’est bizarre. Je suis vraiment un mec chanceux.

Quel artiste t’a inspiré pour écrire de la musique tout au début ?

Manuel : Bjork est une influence énorme pour moi et aussi Tom Waits. Parce qu’ils peuvent créer leur propre monde …quand vous les écoutez, vous pénétrez immédiatement dans leur monde. Je trouve ça très beau.

Revenons donc à Stranger Fruit – les 16 chansons de l’album, est-ce que on doit les écouter dans cet ordre pour comprendre le message de l’album ?

Manuel : Pas vraiment. Mais, je pense que c’est bien de les écouter dans l’ordre parce que chaque personne voit des choses différentes lorsqu’elles écoutent de la musique. Chacun aura une image et une interprétation très spécifique et en fait, ils ont tout a fait raison.

Un fois que quelqu’un écoute ma musique, ce n’est plus mon histoire car, chacun fait recours à sa propre imagination.

Je dirais qu’il y a juste 16 morceaux et je les ai arrangés comme cela car j’ai trouvé qu’on peut écouter l’album de bout en bout sans se bousiller les oreilles. Il y a quelques pauses.

Je vois, pourras-tu me parler quand même un peu plus de quelques chansons ?

Manuel : Oui, bien sûr.

Servants

Manuel : C’est un morceau intéressant pour moi car on peut l’écouter comme s’il parlait de la révolution des esclaves ou on peut l’écouter et réfléchir sur l’état actuel du monde et tout ce qui se passe aux États-Unis. C’est une chanson à 2 couches mais au bout du compte, c’est un appel à l’action. Let’s get up and do something !

Ship on Fire

Manuel : C’est comme une continuation de la pensée précédente… nous avons commencé à faire quelque chose et maintenant nous avons laissé quelque chose derrière.

Il y a également quelques chants latins mais qui viennent en fait du « Grimoire d’Abramelin » qui et comme un vieux livre de mage. C’est une formule qui déclenche la tempête. Ça va bien avec le thème.

Coagula

Manuel : C’est comme un intermezzo, assez brut et dur : il est relié à la chanson précédente Solve.

Solve et Coagula sont des termes de l’alchimie et Baphomet, le fameux avatar de l’occultisme a ces mots écrits sur ses bras.

Stranger Fruitla chanson qui donne le titre de l’album ?

Manuel : Le titre fait référence à Strange Fruit, une chanson de Billie Holiday où elle décrit des fruits suspendus dans les arbres, mais qui sont en fait des morts qui ont été lynchés, puis suspendus dans des arbres.

Stranger Fruit est donc une continuation, en référence à ce qui se passe à l’heure actuelle, parce que beaucoup de choses terribles se passent dans le monde et je tiens à attirer l’attention sur ça.

Stranger Fruit a été la chanson la plus difficile à écrire de l’album parce que je voulais qu’elle soit une bonne chanson, mais je ne voulais pas qu’elle soit agréable à écouter. Tout est un peu trop long, trop fort et dur, et les paroles sont très importants pour moi dans cette chanson. C’est la chanson m’a pris le plus de temps à écrire bien qu’elle soit la plus simple de l’album.

Build on Ashes – c’est un peu différent des autres …

Manuel : Cette chanson est comme le résumé de l’album et si tu l’écoute dans le background c’est comme une petite chanson agréable, triste mais si tu écoutes les paroles, c’est en fait assez sombre et triste.

Pour moi, tout l’album est comme un départ, comme aller quelque part et cette chanson est l’acte final. OK nous sommes partis et un fois qu’on est parti, nous ne pouvons plus revenir en arrière.

Pourquoi cette pomme un peu bizarre sur la couverture de l’album ?

Manuel : A cause de Stranger Fruit bien sûr, mais aussi une référence au fruit du désir du jardin d’Eden. Nous avions besoin de quelque chose verte parce que nous avons une palette de couleurs pour le groupe – le violet et le vert- ce sont des couleurs complémentaires et j’aime combiner les choses complémentaires.

Quel est ton style mode ?

Manuel : Je ne connais pas grand-chose sur la mode. J’aime porter du noir. J’ai des amis qui sont des créateurs de mode, mais pour ma part, je n’ai aucune idée. Selon eux, mon style est celui d’une « personne sans-abri » et ça me va. Je ne veux pas compliquer les choses – juste simple et soigné.

Et sur scène ?

Manuel : Sur scène nous portons des sweats avec des capuches comme celui que je porte. Je pense que si tu caches le visage avec des nuances, c’est très un effet très intrigant parce que instinctivement, tu veux voir le visage et donc le public vient plus près de la scène. C’est une astuce, ne le dit à personne.

Ta musique est très théâtrale, cinématographique, comment vous la mettez en scène ?

Manuel : Principalement, nous avons lumières dans nos couleurs -vert et violet- mais pour moi, le plus important c’est la musique et pas les visuels. J’aime aussi l’idée que les gens puissent être capable de fermer les yeux et se faire son propre cinéma dans la tête, donc nous gardons le show très simple. Nous voulons aussi nous concentrer sur la musique.

Quel a été le moment le plus mémorable pour vous sur scène ?

Manuel : Le concert au Roadburn Festival en Hollande. Sur ce festival, je pense que c’était notre 4ème ou 5ème show et nous étions très nerveux. Nous avons commencé à jouer et notre système de sonorisation est tombé en panne. Nous avons eu tellement peur. On avait envie de pleurer mais le public a commencé à chanter nos chansons, ils nous ont sauvé la vie car on a pu continuer. C’était magique.

La tournée est vraiment impressionnante cette année. As-tu encore un endroit où tu aimeras jouer et il n’est pas encore sur la liste ?

Manuel : Je voudrais jouer à Red Rock, mais déjà la liste est accablante cette année : Hellfest, Primavera, Montreux Jazz festival.

As-tu un objet porte bonheur toujours avec toi ?

Manuel : Oui, (il cherche dans son sac et me montre un porte clé avec un petit diable orange). C’était mon anniversaire l’année dernière quand on était sur la route et mes camarades de groupe me l’ont offert. Je peux l’utiliser en bijou de tête également.

De quels instruments tu joues ? Comment écris-tu tes chansons ?

Manuel : Je joue de la guitare, basse, piano et un peu de violoncelle. J’écris par tous les moyens, parfois sur l’ordinateur parfois au piano. Ça dépend, chaque jour est différent, mais je bois toujours beaucoup de café.

Tu écoutes quoi en ce moment ?

Manuel : J’écoute beaucoup de Beach House – un groupe que j’adore vraiment, King Krule, Martha Argerich – une pianiste célèbre qui vient de sortir « Schuman concerts « qui est excellent

Quel a été le premier CD que tu as acheté ?

Manuel : Americana de The Offspring. J’avais environ 10 ans et je pensais que j’étais le mec le plus cool de la planète mais je n’étais probablement pas.

Dernier concert, que tu as vu dans le public ?

Manuel : CUNTROACHES, le T – Shirt je porte aujourd’hui. Mes amis et moi, nous avons un bar et nous hébergeons en fait quelques concerts. C’est un groupe génial.

Parles-moi de la video « Gravedigger Chant »

Manuel : Nous voulions avoir le thème de l’esclavage dans la vidéo, mais nous ne voulions pas ségréger. Nous voulions que tout le monde y participer, sans que personne se sent attaqué pour cela consiste le surveillant d’esclaves est noir et tous les autres sont blancs aux yeux bleus. Je pense que le changement des rôles nous a donné plus de liberté dans la vidéo. Vous pouvez vous identifier essentiellement avec tout le monde dans la vidéo et c’était le but.

Le plus difficile pour vous d’écrire cet album ?

Manuel : Stranger Fruit a été la chanson la plus difficile de l’album parce que je voulais qu’elle soit une bonne chanson, mais je ne voulais pas qu’il soit agréable à écouter. Tout est un peu trop long, trop fort et dur, et les paroles sont très importants pour moi dans cette chanson. C’est la chanson m’a pris le plus de temps à écrire bien qu’est la plus simple de l’album.

Ta musique en 3 mots

Manuel : Intense, éclectique, sandwich

Une conclusion

Manuel : Peut-être que je devrais faire une peu plus attention à mes vêtements.

Un message pour tes fans

Manuel : Je suis très heureux qu’ils ont eu le temps d’écouter ma musique et j’espère qu’ils se portent bien.

Merci beaucoup

Manuel :Merci à toi

Zeal & Ardor seront en concert à HELLFEST le 24 Juin 2018

Plus d’information https://www.zealandardor.com/

English Version .

Drink a lot of coffee and have some free time, such is the secret of the stunning creativity of Manuel Gagneux, the man behind the magnificent project Zeal And Ardor.

Mixing blues, gospel and soul music with extreme music like Black Metal, Manuel Gagneux opened the doors of an artistic universe where everything seems possible.

“Devil is Fine”, the first album released in 2017 has generated huge interest around this artist. The excellent reviews that have followed it helped Zeal & Ardor into become a real live band that toured around the world.

The second album “Stranger Fruit” went out June 8, 2018 and the tour the follow is just impressive.

Haunting and chameleonic vocals: yelled and demonic or warm and bluesy, instrumental madness, brutal or soft and mesmerizing ambiance, a project mind boggling that relies on him tiller and imagination of what Suisse – American, who like contrasts and combine the complementary things.

Guitars, piano, synths, a precise and meticulous work worthy of a Swiss Watchmaker, tracks short and punchy, rabid or melancholic, mixing metal and medieval sounds is not an obvious thing but nothing is impossible for Manuel.

A bursting and exciting project that gives free rein to our imagination and allows us to combine visions and thoughts and immerse themselves in a strange world and travel with the mind and the imagination. Racism, oppression or slavery, subjects that are the strength of this artist rooted in reality, avant-garde and devouring music that allowed its creator to stand out with intelligence and add a new style.

I had the great pleasure to meet this outstanding artist and learn a lot of things on his project. Here it is an interview with a super nice guy who is not yet used to be famous.

You are back from Printemps de Bourges, how was the French audience?

Manuel : Great, we always had a great time in France. And at Printemps de Bouges which is not a metal festival, we had a really nice warm welcome.

Who is Zeal & Ardor?

Manuel: I guess, it is me but when we play live there are 5 other people sharing the stage with me.

What means Zeal & Ardor?

Manuel: It is the way I like to approach making music with Zeal and Ardor, which is like with Passion and Determination.

How about the symbol?

Manuel: This is the Sigil of Lucifer with a Z and a A in there.

Where do you come from?

Manuel : I live in Switzerland. My mom is from New York and I lived there a couple of years but now I am back in Switzerland in Basel, the German speaking part.

How did you start Zeal & Ardor project?

Manuel: It started with me being bored in a basement. If you drink too much coffee and you have a lot of time you come up with strange ideas – this is how it happened.

Stranger Fruit, already your second album after “Devil is Fine” released in February 2017, what is the main difference between the 2 of them?

Manuel: I think it is a more thought out album. I had lot more time to work on it as on the previous album, and to think about what I’d like people to see and listen. It’s a more planned album and I hope that people will like it.

For the first album, I did all alone and for the second one, I had the help from a producer Zebo Adam and mixer Kurt Ballou who are really talented guys.

Your music is a mix of different styles metal, soul, gospel, how did you have this idea, what inspired you to create this kind of music?

Manuel: Strictly, I would say it’s not even my idea. I used to play a game on line where I would ask for a musical gender and where I take 2 suggestions to make a song within 20 minutes. If a guy said tango and another guy said techno, so I would make a tango techno track.

And one day a guy said black music and another guy said black metal and I found it interesting. So I made it and now I am in Paris doing interviews. It’s bizarre.

I’m really a lucky guy.

What artist inspired you to write music at the very beginning?

Manuel : Bjork is a huge influence to me and also Tom Waits. Because they can create their own world and when you listen to them you penetrate immediately in their world– I find this very beautiful.

The 16 songs on the album, do we have to listen to them in this order, is this a story, a message?

Manuel: Not really, but I think li is nice to listen to them into the order because different people will see different things when they listen to the music. Every person will see very specific images and actually they are right. Once someone listen to it’s not my story anymore because they have their own imagination and it became their song.

Actually, it’s just 16 tracks and I arranged them like this,, so you can listen the whole thing without having your ears bleeding. You have some breaks.

I see. Will you tell more about a few songs?

Manuel: Yes, of course.

Servants

Manuel : It’s interesting to me because you can read it or listen to it and it is just about slave revolution or you can listen to it and think about the current state of the world and what’s happening to US. So I’d say, it’s like 2 layers to it but in the end it’s a call to action. Let’s get up and do something!

Ship on Fire

Manuel: It is like a continuation to that thought, like we started doing something and now we have left something behind. It’s basically looking back to what happen. There are also some Latin sounding things on but, it that is actually from “Grimoire d’Abramelin” which is like an old magician book. It’s a formula to summon the storm. It goes nicely with the theme.

Coagula

Manuel : it’s like an intermezzo, a harsher one – it’s actually connected to the previous song Solve. Solve and Coagula are alchemy terms and Baphomet, the famous Avatar of satanism, has Solve and Coagula on written on his arms. It’s like little a doom fun part.

Stranger Fruit – this song gave the album title?

Manuel: The title is the reference to Strange Fruit, a song by Billie Holiday, where she describes fruits hanging from the trees but actually she means dead people have been lynched and then hanging from the tree.

Stranger Fruit is a continuation of that in present, because a lot of awful things are happening and I’d like to direct attention to that.

Stranger Fruit was the most challenging the song of the album because I wanted to be a good song but I didn’t want it to be pleasant to listen to. Everything is bit too long, too loud and harsh and the lyrics are very important to me in that song.

That song took me the longer write although is the simplest one of them all.

Build on Ashes, looks like a different song of the others

Manuel: This song is like the summary of the entire album and if you listen to it in the background it’s like a little pleasant song but if you listen to the lyrics is actually pretty grim and sad.

For me, the whole album is like a departure, like going somewhere and that’s like the final act of it.Ok we left, we can’t go back. We are gone now.

Why the Apple on the cover of the album?

Manuel: Obviously because of Stranger Fruit but also a reference of the fruit of desire of the Garden of Eden and we needed something green because, we have a color scheme for the band – it’s purple and green because they are complementary colors and I like to combine complementary things.

What is your fashion style?

Manuel: I just wear black. I do not know too much about fashion. I have some friends who are fashion designers but for myself I have no idea. According to them, my style is homeless men and I am fine with that.

I do not like to complicate things – just sleek and simple

How about your look on stage?

Manuel: On stage, we are wearing hoods like the one I ‘m wearing today. I think it’s very nice as we can hide since the light is from up. If you obscure the face with shades it’s a very intriguing effect because instinctively you want to know what the face is so people will come close to the stage. It’s a trick, do not tell to anybody.

Your music is very theatrical, cinematographic, how do you perform it on stage?

Manuel: Mainly we have lights in our colors – green and purple but to me is very much about the music and not about the visuals. I also like the idea of people being able to close their eyes and imagine things like at cinema, so we keep it very simple. We also want to concentrate on music.

What is the most memorable moment for you on stage?

Manuel: The concert at Roadburn Festival in Holland. On that festival it was our 4th or 5th show ever, so we were very nervous. We started playing and our sound system died. We were so afraid, we almost start crying but the audience started to sing our songs and that saved our life because we could carry on. It was so beautiful.

This year, the tour is really impressive. Do you still have a place where you’d love to play and it is not yet on the list?

Manuel: I would like to play at Red Rocks, but the list is already overwhelming this year: Hellfest, Primavera, Montreux Jazz festival and many others

You have a lucky object that you always have with you?

Manuel: Yes, (his is searching in his bag and show me a key ring with a little orange devil)

Last year on the road it was my birthday and my band mates offered me this key ring.

What can we find in your playlist?

Manuel: I listen a lot of Beach House – a band that I really love, King Krule and also Martha Argerich, a famous pianist. She just released “Schuman concerts “which is excellent

What instruments do you play?

Manuel: Guitar, bass, piano and a bit of cello

How do you write your music?

Manuel: I write in all ways, sometimes on the computer, sometimes to piano it depends, every day is different but I always drink a lot of coffee.

What was the first CD that you bought?

Manuel: It was Americana by The Offspring. I was like 10 years old and I thought I was the coolest guy in the world but probably I was not.

Last gig you saw in audience from the pit?

Manuel: CUNTROACHES, the T – shirt I am wearing today. My friends and I have a bar and we actually host some gigs. This is a band that plays there and they are really great.

Tell me about your video “Gravedigger Chant”

Manuel: We wanted to have the theme of slavery in the video but we also wanted to not auto segregate. We wanted everyone to be involved, no one to feel attack, that’s way the slave driver is black and everyone else is white with blue eyes and I think that switching those roles gives us more freedom as in the video you can basically identify with everyone and you would be right.

That was the goal.

Your music in 3 words

Manuel: Intense, eclectic, sandwich

A conclusion to this interview

Manuel: Maybe, I should be more aware of my clothes

A message for your fans

Manuel: I am very glad that they even have the time to listen to my music and I hope that they are doing well.

Thank you very much

Manuel: Thank you

Zeal & Ardor will play at HELLFEST on 24th of June 2018 – do not miss them

More informations on https://www.zealandardor.com/

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